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Le MR veut inscrire la liberté de disposer de son corps dans la Constitution

Le MR veut inscrire la liberté de disposer de son corps dans la Constitution

Une réponse claire du parti après l'arrêt de la Cour suprême américaine qui permet aux États américains d'interdire l'avortement sur leur territoire. | © CHANDAN KHANNA / AFP

Santé

Une manière de « sanctuariser » plusieurs droits fondamentaux, comme le droit à l’avortement mais aussi le droit à l’euthanasie.

 

Le MR souhaite inscrire la liberté de disposer de son corps dans la Constitution, a-t-il fait savoir lundi après l’arrêt de la Cour suprême américaine qui permet aux États américains d’interdire l’avortement sur leur territoire. Samedi, le PS a annoncé qu’il voulait ériger un « rempart constitutionnel en Belgique pour le droit à l’IVG et protéger ainsi la liberté fondamentale des femmes de disposer de leur corps ». Il proposera en commission des affaires institutionnelles de la Chambre de réaliser un « rapport d’initiative » au parlement afin de pouvoir inscrire cette liberté fondamentale dans le titre deux de la Constitution. Le président des libéraux francophones, interrogé lundi dans La Libre, souhaite de son côté « sanctuariser » plusieurs droits fondamentaux, comme le droit à l’avortement mais aussi le droit à l’euthanasie.

« Ce principe, une fois inscrit dans notre loi fondamentale, deviendrait aussi un levier contre le trafic des êtres humains, les viols conjugaux et ouvrirait le débat sur la gestation pour autrui », selon Georges-Louis Bouchez. Pour le MR, ces droits relèvent en effet du même principe : le droit à disposer de son corps. « Ainsi, la liberté pour chacun est la base. Si le législateur l’estime nécessaire, il peut restreindre cette liberté mais il devra le justifier en respectant le principe de proportionnalité », a ajouté le président libéral.

Avis divergents au sein du MR

La déclaration est faite au lendemain de propos tenus sur les réseaux sociaux par le bourgmestre MR de Wezembeek-Oppem, Frédéric Petit, qui a salué l’arrêt de la Cour suprême américaine, emboitant le pas à l’intellectuel conservateur, proche d’Alain Destexhe, Drieu Godefridi. Le maïeur s’est attiré de nombreuses critiques dans le monde politique, notamment dans son parti où plusieurs députés ont exprimé, parfois avec virulence, leur rejet d’une telle prise de position. Ces propos n’engagent que leur auteur, a répondu de son côté le président du MR en rappelant la liberté de conscience qui existait dans le parti sur les sujets éthiques.

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Le MR souhaite par ailleurs relancer la réflexion sur la neutralité de l’État. Des députés libéraux ont redéposé en mars 2020 une proposition de révision de la Constitution allant dans ce sens. De cette manière, il s’agirait de faire obstacle à des textes « qui remettraient en cause les fondements de notre société au nom des religions ».

Avec Belga

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