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Movember : Prostate, testicules, intestin… Quand et pourquoi se faire dépister pour les hommes

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Le dépistage est de plus en plus personnalisé : avant de proposer des modalités de dépistage, on évalue le risque individuel. | © Movember Europe.

Santé

Depuis quasi 20 ans, la campagne Movember incite les hommes à se laisser pousser la moustache en novembre pour sensibiliser aux différents types de cancer au masculin. L’occasion de faire un petit point sur sur la prévention et le dépistage en Belgique.

 

À l’image d’Octobre rose pour les cancers féminins, le mois de novembre est dédié aux cancers masculins. Si elle est bien plus populaire chez les anglo-saxons, la campagne Movember – initiée en Australie – prend chaque année un peu plus de place et invite les hommes à se laisser pousser la moustache en signe de solidarité avec les personnes atteintes de cancers comme ceux du testicule ou de la prostate.

En Belgique, l’Hôpital Universitaire de Bruxelles – composé par l’Hôpital Erasme, l’Institut Jules Bordet et l’HUDERF – soutient l’initiative et rappelle l’importance du dépistage des cancers touchant les hommes. La fréquence des diagnostics de cancer de la prostate à un stade localisé et qui nécessite un traitement a augmenté, notamment chez les hommes plus jeunes. Cependant, grâce aux politiques de dépistage qui permettent de détecter les cancers plus tôt et aux progrès médicaux, la mortalité quant à elle, diminue.

Dans un communiqué, l’Hôpital Universitaire de Bruxelles rappelle notamment que La prévention comprend deux grands aspects : le style de vie et le dépistage. Les mesures à prendre concernant le style de vie sont résumées dans le Code Européen contre le Cancer : ne pas fumer, boire moins d’alcool, mieux manger, bouger, contrôler son poids. Le dépistage concerne les cancers les plus fréquents. Chez les hommes, il s’agit des cancers de l’intestin, de la prostate, de la peau, du poumon. Le dépistage est de plus en plus personnalisé : avant de proposer des modalités de dépistage, on évalue le risque individuel.

Le cancer de la prostate

Il est le premier cancer chez l’homme et concerne jusqu’à 1 homme sur dix. Son dépistage présente des avantages mais aussi des inconvénients. Il permet de trouver les cancers à un stade précoce, seul stade curable mais comporte le risque de sur-traitement (détection de cancers qui n’auraient jamais posé de problème si on ne les avait pas détectés, et qui seront traités inutilement). Chez les hommes sans risque particulier, le dépistage peut être proposé dès 50 ans et consiste avant tout par une mesure du « PSA » dans le sang (protéine spécifique de la prostate) associée à un toucher rectal.

Le cancer du testicule

Plus rare, il touche par contre des hommes jeunes. Des antécédents familiaux, de cryptorchidie (testicule non descendu), d’infertilité ou la consommation de cannabis sont des facteurs de risque. Les progrès dus à une prise en charge multidisciplinaire dans un centre de référence comme l’Institut Jules Bordet permettent de vaincre cette maladie même à un stage avancé dans la plupart des cas.

Le cancer de l’intestin (cancer colorectal)

Pour la grande majorité des hommes (risque moyen), on préconise un test de recherche de sang dans les selles tous les deux ans (« Colotest ») à partir de 50 ans, ou une coloscopie tous les 10 ans. Dans de rares cas, il peut exister un risque génétique (certaines maladies de l’intestin qui sont héréditaires). Le risque est également plus élevé lorsqu’il y a des cancers de l’intestin dans la famille proche, ou chez les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire du colon. Dans ces cas, un dépistage par coloscopie tous les 2 à 5 ans est recommandé, parfois dès 40 ans. Une alimentation riche en fibres, fruits et légumes, une consommation limitée de viande et d’alcool, une activité physique régulière et un contrôle du poids diminuent le risque de cancer de l’intestin.

Le cancer du poumon

Le dépistage du cancer du poumon est réservé aux personnes de plus de 55 ans qui ont fumé un paquet par jour pendant 30 ans et qui ont arrêté il y a moins de 15 ans (ou qui fument toujours). Pour ces personnes à risque, il est recommandé de faire un scanner thoracique à faible dose chaque année. Dans ce groupe de personnes, on peut ainsi éviter un quart des décès par cancer pulmonaire.

Le cancer de la peau

Le dépistage de ce cancer n’est pas recommandé chez tout le monde de façon systématique. Il est utile chez les personnes à peau blanche qui ont un risque plus élevé : cas de cancers de la peau dans la famille proche, peaux claires et sensibles au soleil, personnes fortement exposées (professions de plein air, pays très ensoleillés). Certaines mutations génétiques (BRCA 2 …) augmentent considérablement le risque.

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