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Le stress donne-t-il vraiment des cheveux blancs ?

Le stress donne-t-il vraiment des cheveux blancs ?

Si les cheveux blancs reviennent à la mode, ils sont aussi (parfois) marqueurs du temps qui passe et du stress quotidien. | © Unsplash / Daniel Lincoln

Sciences & Espace

Mythe ou réalité ? Une étude scientifique a enfin la réponse.

 

« Ne te fais pas de cheveux blancs, tout va bien se passer », dit-on parfois pour rassurer un proche qui est dans un état d’angoisse. Une expression qui est rentrée dans le langage courant, mais est-elle vraiment fondée ? Des scientifiques de l’Université d’Harvard ont voulu en avoir le coeur net et savoir si le stress pouvait vraiment changer notre couleur de cheveux.

Comme le stress affecte l’ensemble du corps, les chercheurs ont d’abord dû déterminer quel système corporel était responsable du lien entre le stress et la couleur des cheveux. Bien qu’ils suspectaient dans un premier temps une attaque immunitaire sur les cellules productrices de pigments, ils se sont ensuite tournés vers l’hormone cortisol (qui joue un rôle essentiel dans l’équilibre du glucose sanguin et la libération de sucre). « Le stress augmente toujours les niveaux de cortisol dans l’organisme, nous avons donc pensé que le cortisol pourrait jouer un rôle », a déclaré l’auteur principal de l’étude Ya-Chieh Hsu, professeur de biologie régénérative à Harvard. « Mais étonnamment, lorsque nous avons retiré la glande surrénale des souris pour qu’elles ne puissent pas produire d’hormones de type cortisol, leurs poils sont devenus gris sous l’effet du stress. »

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Après avoir éliminé différentes possibilités, les chercheurs se sont tournés vers le système nerveux sympathique. Ils ont découvert que le stress pousse les nerfs sympathiques à libérer la noradrénaline, qui est absorbée par les cellules-souches voisines qui régénèrent les pigments.

Des dommages irréversibles

Dans la racine du poil, certaines cellules-souches agissent comme un réservoir de cellules productrices de pigments. À cause du stress, toutes les cellules-souches du poil se transforment en cellules productrices de pigments. Sur le long terme, le poil épuise prématurément son réservoir de pigment, et il reste blanc. « Lorsque nous avons commencé à étudier cette question, je m’attendais à ce que le stress soit mauvais pour l’organisme – mais l’impact négatif du stress que nous avons découvert a dépassé ce que j’avais imaginé », a commenté Hsu. « Après seulement quelques jours, toutes les cellules-souches régénératrices de pigments ont été perdues. Une fois qu’elles ont disparu, on ne peut plus régénérer le pigment. Les dommages sont permanents. »

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Les résultats peuvent aider à mettre en lumière les effets plus larges du stress sur divers organes et tissus. Cette découverte ouvrira la voie à de nouvelles études visant à modifier ou à bloquer les effets néfastes du stress.

« En comprenant précisément comment le stress affecte les cellules-souches qui régénèrent le pigment, nous avons jeté les bases pour comprendre comment le stress affecte d’autres tissus et organes du corps », déclare un des scientifiques de l’étude. « Comprendre comment nos tissus changent sous l’effet du stress est la première étape critique vers un éventuel traitement qui peut arrêter ou inverser les effets néfastes du stress. Nous avons encore beaucoup à apprendre dans ce domaine. »

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