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Le projet fou de la NASA qui veut faire voler un hélicoptère sur Mars dans les prochains jours

Le projet fou de la NASA qui veut faire voler un hélicoptère sur Mars dans les prochains jours

Image virtuelle du petit hélicoptère Ingenuity sur Mars. | © NASA

Sciences & Espace

Après sept mois de voyage, le rover Perseverance de la Nasa tentera d’atterrir sur Mars jeudi.

 

Plus d’un siècle après le premier vol motorisé sur Terre, la Nasa compte prouver qu’il est possible de faire voler un engin sur une autre planète. Transporté à bord de la mission Mars 2020, qui arrive jeudi à destination, le petit hélicoptère Ingenuity devra accomplir une prouesse : s’élever dans un air d’une densité équivalente à seulement 1 % celle de l’atmosphère terrestre.

Ingenuity ressemble en réalité plutôt à un gros drone. Le défi principal pour les ingénieurs : le rendre le plus léger possible, afin qu’il puisse se soulever dans un air extrêmement léger. Il ne pèse finalement que 1,8 kg. Il est composé de quatre pieds, d’un corps et de deux hélices superposées. Il mesure 1,2 mètres d’un bout à l’autre d’une pale. Les hélices tourneront à une vitesse de 2 400 tr/min (tours par minutes), soit environ cinq fois plus rapidement qu’un hélicoptère standard.


Ingenuity est équipé de panneaux solaires pour recharger ses batteries, une grande partie de l’énergie étant utilisée pour se réchauffer (il fait -90°C la nuit sur Mars). Il peut également prendre des photos et vidéos. L’hélicoptère a été placé sous le ventre du rover Perseverance, le véhicule de la mission principale. Une fois arrivé sur Mars, il sera largué sur le sol, et le rover roulera au-dessus de lui pour s’en éloigner.

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Jusqu’à cinq vols de difficulté graduelle sont planifiés, sur une fenêtre d’un mois, au tout début de la mission. Il peut s’élever jusqu’à 5m de hauteur, et se déplacer jusqu’à 300 m, mais il ira bien moins loin pour le premier test. Chaque vol peut durer jusqu’à une minute et demie, « ce qui n’est pas un mince exploit comparé aux 12 secondes » du premier vol motorisé sur Terre, argue la Nasa.

Objectif : prouver que l’on peut voler sur Mars

À cause du délai de transmission d’une vingtaine de minutes entre la Terre et Mars, pas de joystick pour le piloter. Il volera en autonomie : des commandes seront envoyées mais il devra ensuite se débrouiller seul grâce à une bardée de capteurs l’aidant à se diriger. Les résultats des vols seront reçus bien après leur dénouement.

Cette expérience est ce que la Nasa appelle une mission de démonstration : elle n’a pas d’objectif scientifique, si ce n’est de prouver qu’il est possible de voler sur Mars, et collecter des données sur le comportement d’un vaisseau sur une autre planète. De tels engins permettraient de mieux explorer la planète en se rendant par exemple là où les rovers ne peuvent pas aller (au-dessus de canyons…). On peut aussi imaginer qu’ils aillent chercher, puis rapporter sur une base, des prélèvements déposés par des missions antérieures. Comme par exemple les échantillons que doit commencer à collecter Perseverance, dans la phase suivante de la mission Mars 2020.

Des prélèvements qui seront collectés et analysés après 2030

La mission Mars 2020, qui a décollé fin juillet de Floride, transporte le véhicule le plus gros et le plus avancé jamais envoyé sur la planète rouge, baptisé Perseverance. Après l’atterrissage, de premières photos de la surface arriveront rapidement en basse résolution. Des images vidéo, y compris de l’entrée dans l’atmosphère, sont attendues plus tard.

Les chercheurs pensent que le cratère de Jezero abritait, il y a plus de trois milliards et demi d’années, un profond lac d’environ 50 km de large. À l’époque, « Mars était très similaire à la Terre sous de nombreux aspects. Elle avait une atmosphère conséquente, des lacs et des rivières, (…) des endroits où des organismes que nous connaissons auraient pu prospérer », explique Ken Farley, scientifique du projet. « Ce sont les seuls environnements habitables que nous connaissons au-delà de la Terre. » Mars 2020 est la première mission ayant explicitement pour but de prouver que la vie y a existé.

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Perseverance devra parcourir, pendant plusieurs années, plus d’une vingtaine de kilomètres en traversant différents milieux. À chaque endroit seront prélevés des échantillons – jusqu’à une trentaine au total –, qui devront être analysés par les laboratoires les plus performants sur Terre pour y distinguer, peut-être, les traces microscopiques d’anciens organismes. Les tubes contenant les échantillons seront précieusement conservés jusqu’à ce qu’une mission ultérieure soit capable de revenir les chercher, dans les années 2030. L’idée de la Nasa est que les prélèvements soient d’abord placés dans une fusée et mis en orbite, puis récupérés par un autre vaisseau lors d’un rendez-vous spatial. « Les scientifiques qui étudieront ces échantillons sont encore à l’école aujourd’hui, il se peut même qu’ils ne soient pas encore nés », a souligné Ken Farley.

Avec l’AFP

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