Paris Match Belgique

Laissez tomber les SMS, les vœux personnalisés feront de vous une meilleure personne

En 2017, on ne se met pas aux vœux personnalisés par goût de la nostalgie. | © Flickr/Hometown beauty

Société

Face à la nuée de messages de fêtes dépersonnalisés, certains irréductibles prennent encore le temps de confectionner des vœux « faits maison », pour le plaisir d’offrir et des yeux. L’occasion de (re)prendre le temps de s’arrêter et de se confier. 

 

« Joyeux Noël, bonne année et que tous vos vœux se réalisent ». Le SMS fait l’effet d’un soufflé particulièrement raté, un réveillon où tout avait pourtant si bien commencé : aussitôt reçu, aussitôt effacé, le texto copié/collé n’encombrera pas longtemps notre boite de réception ou notre esprit, tant par son contenu et son contenant. Au mieux, il obstruera un peu plus le réseau téléphonique du 24 ou du 31 décembre, prévenant l’arrivée massive de proses similaires.

Heureusement, les « sérial-texteurs » des fêtes sont de temps à autre concurrencés par quelques personnes bien intentionnées, qui ont mis plus de cœur et de temps dans leurs vœux de fin d’année que quelques datas de leur forfait mobile. Les services de Bpost sont formels : même en 2017, et malgré une baisse moyenne de 5% d’envois chaque année, la poste doit s’attendre à 30% de courrier de plus durant la période des fêtes. Même tendance du côté des paquets envoyés, qui enregistrent quant à eux un bond de 15%. Les bons vœux ont toujours la cote, qu’on se le tienne pour dit.

Lire aussi > Furoshiki : l’emballage écolo qui fait aussi office de cadeau

Coline Cornélis est de celles pour qui offrir est un vrai plaisir, qui nécessite au moins un coup de pinceau et un brin de recherche graphique. Les cartes de vœux, ça la connait : on se souvient de l’un de ses messages d’anniversaire, tout en joli équilibre de lettres suspendues dans un montage précieux. « Certaines années, j’étais chaude comme la braise, et j’en faisais pour beaucoup de gens. Des cartes, des faire-parts faits à l’aquarelle, des montages en relief… », raconte celle qui travaille quotidiennement au contact du papier. « C’est lié à ma personnalité. Je considère que quand on achète quelque chose, c’est un peu comme si on s’en fichait. Il y a une valeur ajoutée dingue dans le fait qu’on le fasse soi-même en pensant à la personne, qui me touche ».

 

Pas de nostalgie qui tienne, pour Coline – qui est encore bien loin d’avoir atteint la trentaine -, mais plutôt des valeurs qu’elle aimerait voir perdurer, « dans un monde où tout va trop vite et où l’on reste constamment en surface. Tout le monde manque de temps et de communication. S’arrêter deux secondes, mettre les choses à plat, réfléchir à ce qu’une personne représente, mettre un peu plus de cœur dans les petites choses qu’on fait d’habitude, ça ne peut que se voir ».

Ode au temps qui passe et aux colliers de pâtes

Et plus qu’une preuve matérielle d’une pensée particulière, c’est bien le temps qu’on y consacre qui a de la valeur, pour Coline Cornélis. Les vœux à la main gardent la trace du sacrifice qu’on a consenti à faire. Car pour créer un message pour chacun, « il faut du temps, c’est certain », concède l’artiste de Noël. « Si je décide de faire un petit dessin cayonné sur un bout de papier, ça va, mais si je décide de me lancer dans une carte en pop-up, ça prend un certain temps. Mais en période des fête, je trouve que ça fait sens d’accorder du temps et ses pensées aux autres ».

Lire aussi > Mode sur catalogue : tout sauf glacé, le papier renaît

Les vœux traditionnels sont-ils pour autant réservés aux seuls derniers défenseurs de la plume caligraphiée et des idées géniales ? Pas vraiment, à en croire Coline Cornélis, qui se qualifie tout de même de « créative ». « Si quelqu’un qui n’a pas vraiment cette fibre artistique fait quelque chose avec ses mains, l’intention restera la même et transparaitra probablement dans l’objet, que ce soit magnifique ou un peu maladroit. C’est un peu comme les colliers de pâtes des enfants : ce n’est pas très beau, mais c’est mignon ! »

©Instagram/@cocornel – Depuis peu, Coline met ses talents de création au service des autres. Et les commandes de visuels vont bon train.

3 papeteries bruxelloises où s’inspirer

Pour les indécrottables pressés, ceux qui ne pourront accorder à leurs vœux de fin d’année que quelques heures dans un planning des fêtes surchargés, il est toujours possible de s’offrir des supports déjà plein de style, à défaut de sueur. « Quitte à ne pas avoir le temps et à acheter quelque chose, autant acheter ce qui a un minimum d’âme », conseille Coline Cornélis en mentionnant la papeterie bruxelloise Le Typographe, où tous les produits sont créés par des Belges en quête de plus de sens sur le papier. Qui sait, l’année prochaine, vous recevrez peut-être une carte personnalisée, écrite avec ces tampons ou ce stylo offerts de bonne grâce.

Le Typographe, rue américaine 67, 1050 Bruxelles

Du papier martelé de qualité comme on en retrouve plus que rarement, une carterie 100% belge et un imprimeur tradi qui a banni l’offset : Le Typographe, qui s’est également installé à Paris, est à l’origine de créations faites pour durer.

©Lundi – Les vœux caligraphiés de la papeterie « Lundi ».

Lundi, rue François Stroobant 14, 1050 Bruxelles

Lundi, c’est deux filles : Line Godefroid et Kathrin Laurent, respectivement architecte de formation et designer textile, qui se sont associées pour créer leur studio de création graphique voilà une bonne année de cela. Dans la foulée, elles ont ouvert une petite boutique où l’on retrouve leur passion pour le papier, de beaux objets de bureaux et des outils d’écriture. Parce qu’avec un joli bloc-note, ça va tout seul ! Elles se sont aussi associées à La Maison Bruxelloise pour proposer une sélection de mobilier de bureau.

Lire aussi > Coworking chic : Quand le travail devient un art de vivre

Fabrika, rue Antoine Dansaert 182, 1000 Bruxelles

Davantage boutique de design que papeterie, la Fabrika est installée depuis quelques années au bout de la rue Antoine Dansaert, pour le plus grand plaisir des amateurs de couleurs, de détails qui cognent et d’objets sélectionnés avec soin. On y dégote le matériel de base pour coucher ses idées, faire ses esquisses et habiller son parfait cocon de création.

CIM Internet