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Les sordides élevages de lapins élevés pour leur fourrure

Vidéo Société

Dans sa dernière enquête, l’association L214 pointe trois élevages de lapins à fourrure et dénoncent leurs conditions de vie déplorables.

 

C’est la dernière investigation choc de l’association de protection animale L214. Menée en France entre les mois de septembre et novembre derniers, l’enquête se penche sur les élevages de lapins exploités pour leur fourrure.

Filmées en caméra cachée, les images montrent les conditions de vie des lapins agglutinés dans des cages et privés de la lumière du jour. Avec cette vidéo, l’association entend dénoncer les « sordides élevages industriels », dans lesquels sont contraints de vivre les lapins Orylag.

Fourrure et viande de luxe

Élevés en batterie, les lapins Orylag sont issus d’une sélection génétique conduite par l’Inra (Institut nationale de la recherche en agronomique) et sont particulièrement prisés pour leur « pelage exceptionnel« , notamment par les grandes marques de luxes. « Comme pour les lapins élevés pour la chair, les lapins Orylag sont forcés à vivre en cage durant toute leur vie », affirme L214. Abattus à raison de cent lapins par heure, le taux de mortalité dans ces élevages d’Orylag serait de 25 à 30 %, indique l’association.

Ils ne voient jamais la lumière du jour, sont enfermés dans de petites cages dénuées de tout équipement, hormis mangeoire et abreuvoir.

Isolés, privés de tout confort et drogués aux antibiotiques, l’association explique que certains développent des troubles comportementaux. En effet, les lapins sont séparés de leurs congénères afin de ne pas risquer d’abîmer leur fourrure, précise le président de la coopérative Orylag en Charente-Maritime, Jean Boutteaud. « L’Orylag n’est pas un lapin de garenne, ni un animal de compagnie […] il a des caractéristiques qui lui sont propres. On ne peut pas en effet le mettre dehors ou en extérieur. A partir d’un certain âge, il faut le mettre en cage individuelle sinon ils se battent », explique-t-il à l’Obs. Un argument qui n’a pas empêché L214 de porter plainte pour mauvais traitements contre les élevages ainsi que contre l’Inra.

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Sébastien Arsac, porte-parole de L214, a ainsi demandé « que l’Inra cesse d’utiliser des fonds publics pour l’entretien et le développement d’une filière privée restreinte, très éloignée de l’intérêt général ».

Dior, Fendi et Dolce & Gabbana épinglés

Dans le viseur de l’association qui milite pour le bien-être animal, trois marques de luxe. D’après L214, ces marques utiliseraient précisément « la fourrure de cette filière ». Or, « le luxe ne peut pas s’affranchir d’un minimum d’éthique », souligne l’association. Contacté par l’AFP, le groupe LVMH, qui détient Dior et Fendi, n’a pas encore souhaité faire de commentaires.

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L214 encourage dès lors ces groupes de renoncer à l’utilisation de la fourrure, suivant l’exemple beaucoup d’autres (Gucci, Michael Kors, Armani, Hugo Boss ou encore Stella McCartney).

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