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Choc toxique : La mannequin Lauren Wasser va perdre sa deuxième jambe

Lauren Wasser, amputée de sa jambe gauche. | © Facebook : @OfficialLaurenWasser

Société

Alors qu’elle souffre de douleurs atroces et quotidiennes, Lauren Wasser dit s’attendre à perdre « inévitablement » sa deuxième jambe dans les mois à venir.

 

Lorsque l’on évoque le syndrome du choc toxique, impossible de ne pas se souvenir du cas de Lauren Wasser. En 2012, cette jeune mannequin américaine a été amputée d’une jambe suite à une infection causée par un tampon.

En 2012, alors âgée de 24 ans, Lauren Wasser est retrouvée inconsciente par sa mère. Aux urgences, on lui diagnostique un staphylocoque doré, une bactérie agressive réveillée par le syndrome du choc toxique (SCT). Des complications médicales rares dont la cause elle, est plutôt banale : un tampon hygiénique, composé de fibres synthétiques.

« Je vis une douleur atroce tous les jours »

Il aura suffi de quelques minutes passées à l’hôpital avant que les médecins ne remarquent que certains de ses organes ne fonctionnaient plus et que l’infection s’est déjà propagée en gangrène sur sa jambe gauche. Verdict médical : l’amputation. Une véritable tragédie pour cette Californienne qui se prédestinait au sport de haut niveau et au mannequinat.

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Ce mardi 20 septembre, elle racontait son calvaire dans les colonnes du Washington Post. « Je vis une douleur atroce tous les jours », déclare-t-elle avant d’annoncer la perte « inévitable » de sa deuxième jambe dans les mois à venir. « Ma jambe gauche est un ulcère ouvert qui n’a ni talon ni orteils. Au fil des années, mon corps a produit beaucoup de calcium, ce qui fait que mes os poussent sur ce pied. J’ai dû subir une opération chirurgicale pour enlever ces os, car c’était impossible de marcher », explique-t-elle.

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Sensibilisation et prévention

Munie d’une prothèse artificielle depuis maintenant cinq ans, Lauren Wasser n’a pas cessé de se battre pour sensibiliser les femmes au syndrome du choc toxique et tente de faire évoluer la législation sur le sujet. « Le syndrome du choc toxique m’a coûté ma jambe mais, des années plus tard, je me suis consacrée à la sensibilisation et à la prévention de ce problème », a-t-elle témoigné dans le magazine InStyle.

Je pense que c’est ma mission et je ne la changerais pour rien au monde.

Actuellement en procès contre la marque du tampon incriminée, Lauren Wasser espère porter son histoire jusqu’au Congrès américain et faire adopter un projet de loi au nom d’une jeune Américaine décédée en 1998 d’un syndrome du choc toxique. Soutenu par la sénatrice démocrate Carolyn Maloney, le « Robin Danielson Act » pourrait bien voir le jour prochainement. L’objectif, faire en sorte que les fabricants de tampons et autres protections hygiéniques indiquent la composition exacte de leurs produits.

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S’il reste rare, le syndrome du choc toxique est loin d’être anodin. Provoqué par l’accumulation du sang bloqué par le tampon dans le vagin, le SCT favorise le développement d’une bactérie redoutable : le staphylocoque doré. En pleine menstruation, nombreuses sont les femmes qui ont subi le calvaire du choc toxique, qui se manifeste par des symptômes tels que des nausées, des hallucinations ou encore des diarrhées.

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