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Marieke Vervoort, visage belge des Jeux paralympiques, prête pour l'euthanasie

Marieke Vervoort, athlète exemplaire et battante | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Société

Cheveux platine, muscles dessinés, sourire contagieux… Aux Jeux paralympiques de Londres et de Rio Marieke Vervoort a marqué les esprits.

En 2012, elle a remporté l’or sur le 100 mètres fauteuil. En 2016, c’est l’argent qu’elle a empoché sur 400 mètres. Le rêve de toute une vie, un bonheur intense. Mais aujourd’hui, la tristesse et la douleur ont remplacé la joie. La Belge atteinte d’une maladie dégénérative incurable qui lui paralyse peu à peu le corps, est prête à abandonner le combat le plus difficile de sa vie. A 38 ans, elle ne parvient pratiquement plus à respirer seule, elle perd la vue, souffre de terribles spasmes, n’arrive plus à dormir et mange en très petite quantité.

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Dans le Telegraph, elle confie être épuisée par tant de souffrances. «C’est trop difficile aujourd’hui. Je suis de plus en plus déprimée», explique-t-elle. Jamais jusque-là celle qui a été triple championne du monde en fauteuil (100 m, 200 m, 400 m) en 2015 n’avait ressenti autant de peine. «Je pleure beaucoup. Une neurologue est restée avec moi toute une nuit, lorsque j’enchaînais les spasmes les uns après les autres. Elle m’a dit que ce n’était pas une crise d’épilepsie comme je le pensais, mais juste mon corps qui hurlait : "J’ai tellement mal. Je n’en peux plus"», raconte-t-elle au quotidien anglais.

En paix avec sa décision

Pourtant, Marieke Vervoort le dit elle-même, elle n’a jamais «abandonné facilement». «Jamais je n’ai voulu accepter par exemple l’idée de finir en fauteuil roulant. Mais dans les années 2000, je n’ai rien pu faire. Aujourd'hui, je suis paralysée jusqu’à ma poitrine. Mes doigts me lâchent eux aussi. J’ai un cœur tellement fort, mais les médicaments contre la douleur ne me font plus rien», glisse-t-elle. Alors, pour arrêter de souffrir, elle a choisi l’euthanasie par injection létale. Une pratique parfaitement légale en Belgique. Dans ce pays, l'euthanasie active est autorisée depuis 2002 pour les patients souffrant d'un mal incurable et qui ont formulé leur demande de manière volontaire, réfléchie et répétée.

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En 2016, lors des Jeux de Rio, elle avait annoncé être obligée de mettre un terme à sa carrière. «Je dois abandonner, car ma maladie empire. C'est plus difficile de faire des courses qu'il y a quatre ans», avait-elle expliqué. Elle avait annoncé que son dossier pour l’euthanasie était prêt mais avait assuré ne pas vouloir «mourir tout de suite», se disant toutefois en «paix» avec cette décision. Elle avait alors indiqué vouloir qu’on se souvienne d’elle comme d’une «femme qui riait tout le temps, ne voyait que les bonnes choses de la vie sans se plaindre».

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