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Le « swatting », le phénomène dangereux qui vient des jeux vidéo en ligne

Cette forme de voyeurisme extrême et dangereuse, et contre laquelle il est très difficile de lutter, a emporté une victime innocente dans son sillage. | © Pexels

Société

Un homme a été abattu par la police jeudi soir à aux États-Unis après qu’un amateur de jeux vidéo a passé un appel au service d’urgences 911 en prétendant que de faits graves se déroulaient au domicile de la victime.

La pratique du « swatting » est monnaie courante aux États-Unis. De nombreux mauvais plaisants contactent les urgences dans l’espoir de faire intervenir un important contingent policier, souvent emmené par une équipe de type SWAT. D’où ele nom. Une tendance qui viendrait des jeux vidéo. « Les joueurs utilisent ce canular pour perturber la partie de leurs adversaires« , explique France 3 qui a consacré un reportage au phénomène. Un scénario qui s’est avéré tragique à Wichita, au Kansas, suite à une partie de Call of Duty.

Manettes, dispute et fausse adresse

Selon la presse locale, deux joueurs en ligne se seraient disputés et l’un d’eux aurait donné à son vis-à-vis une fausse adresse. La personne ayant reçu l’adresse a alors décidé d’appeler le numéro d’urgences 911. Le joueur a indiqué à ce service qu’il avait abattu son père et qu’il visait sa mère et son jeune frère. Il a également menacé de mettre le feu à la maison avant de donner l’adresse qu’il avait reçue de son adversaire en ligne.

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Victime IRL

La police a envoyé une équipe spéciale d’intervention (SWAT-team, NDLR) à cette adresse, celle d’Andrew Finch, un homme de 28 ans, tout à fait étranger à la joute qui opposait les deux joueurs. Face au déploiement policier, M. Finch est sorti sur le pas de sa porte. Les agents lui ont demandé de mettre ses mains en l’air. Le jeune homme s’est exécuté dans un premier temps avant de rabaisser ses bras à plusieurs reprises, ce qui a fait penser à un policier qu’il était en train de dégainer une arme. L’agent a ouvert le feu. L’homme a fini par succomber à l’hôpital des suites de ses blessures. Un suspect âgé de 25 ans et originaire de Los Angeles (ouest) a été arrêté dans cette affaire, selon la presse du Kansas. « Si ce faux appel aux urgences n’avait pas été effectué, nous ne serions jamais descendus sur les lieux », s’est défendu le commissaire de la police de Wichita, Troy Livingston.

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Twitch, cible privilégiée du « swatting »

De nombreux utilisateurs de Twitch – la plateforme qui permet de streamer ses parties en ligne – ont été victimes de « swatting ». Ces hommes et ces femmes, passionnés de jeux vidéo, filment leurs exploits manette en main et gagnent parfois bien leur vie. Certains anonymes qui les suivent sont tentés de les voir gérer une situation de détresse dans la vie réelle (ou IRL).

Il aurait pu être abattu, il aurait pu mourir

Le twitcheur KoopaTroopa787 a par exemple fondu en larmes alors que, victime de « swatting » pendant une session sur Clash of Clans, son petit frère de 10 ans s’est retrouvé nez-à-nez avec des forces de l’ordre armées jusqu’aux dents… « Il aurait pu être abattu, il aurait pu mourir. Parce que vous avez ‘swatté’ mon live« , a-t-il déploré entre deux sanglots face caméra. C’était en 2015.

Cette forme de voyeurisme extrême et dangereuse, contre laquelle il est très difficile de lutter, a emporté une victime innocente dans son sillage.

(Avec Belga)

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