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À Téhéran, les femmes qui portent « le mauvais voile » ne seront plus arrêtées

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En Iran, les jeunes femmes ont pris l'habitude de repousser les limites de la loi en laissant apparaître une partie de leurs cheveux. | © BELGA PHOTO DIRK WAEM

Société

Dans la capitale iranienne, porter « le mauvais hijab », soit un voile ne couvrant pas totalement les cheveux, ne se terminera plus par une arrestation ou une amende, mais bien par des cours d’éducation religieuse. 

Alors que le pays est le théâtre de violentes manifestations anti-régime depuis le jeudi 28 décembre, la police de la capitale Téhéran semble accepter une requête importante aux yeux de nombreuses Iraniennes : assouplir le code vestimentaire imposé depuis la révolution iranienne de 1979. Les autorités l’ont affirmé, les femmes se montrant en public avec le « mauvais hijab » – un voile mal porté, laissant apparaître les cheveux – ne seront plus arrêtées. Selon le quotidien réformiste Shargh, le chef de police de Téhéran Hossein Rahimi a en effet déclaré que « celles qui ne suivent pas les règles vestimentaires islamiques ne seront plus placées en détention et aucune procédure judiciaire ne sera intentée contre elles ».

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Une victoire modérée

Si cet assouplissement semble être une victoire pour les Iraniennes, la réalité en est tout autre. Au lieu d’être arrêtées ou de payer des amendes, les femmes voilées de manière non-traditionnelle devront suivre des cours d’éducation à l’islam, donnés par la police. L’agence de presse Tasnim, citée par La Presse, a toutefois précisé que les « délinquantes » à répétition pourraient encore faire l’objet de poursuites.

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Masih Alinejad, journaliste activiste iranienne qui vit aux États-Unis, parle de son côté d’un succès modéré et reste très sceptique quant à la déclaration du chef de la police. « Mercredi dernier le chef de la police iranienne a déclaré que si le voile d’une femme tombait ‘accidentellement’ elle ne serait plus arrêtée mais devrait assister à des cours d’éducation [religieuse]. Dans l’Iran d’aujourd’hui, personne ne retire accidentellement son voile », souligne celle qui se bat depuis de nombreuses années contre le port du hijab obligatoire. Masih a d’ailleurs lancé un mouvement baptisé « White Wednesdays » qui fait du bruit depuis plusieurs mois en Iran. Tous les mercredis, les femmes et les hommes protestent contre la loi de 1979 en portant symboliquement un voile blanc.

Symbole de la résistance féminine

Sur sa page Facebook « My Stealthy Freedom » (Ma Liberté Furtive), la journaliste expatriée a publié une vidéo d’une femme tête nue qui brandit son voile blanc sur un bâton. Un geste pour lequel elle a été arrêtée. Décrite comme un symbole de la révolte qui secoue le pays, cette vidéo a en réalité été filmée le mercredi 27 décembre, soit avant le début des manifestations, dans le cadre des « Mercredis blancs ». « C’est un challenge pour les autorités », explique Masih Alinejad. « Les Iraniennes revendiquent plus de droits, bien au-delà des gestes symboliques des chefs de police. Quant à la courageuse manifestante, des milliers de femmes iraniennes demandent sa libération. La police est dans une impasse ».

Symbol of Iranian women’s resistance, Free her

LE FRANÇAIS SUIT…فيلم جديد را ببينيم و اين دختر را تنها نگذاريم. كاش در تمام تجمع ها و راهپيمايي زنان را حاميان قوي داشتند تا مثل اين زن تنها و يكه مجبور نشوند نمادِ اجبار را دور بياندازند. On Wednesday Iran’s police chief said if a woman’s headscarf falls off “accidentally” the women will not be arrested but sent to educational classes. In Today’s Iran no one takes off their headscarves accidentally. As you can see in this video a young woman standing on a plinth in the middle of a busy street without her headscarf and waving a white shawl has become the latest symbol of Iranian women’s struggle against compulsory hijab. Her brave act of defiance, as part of the #WhiteWednesdays campaign is a challenge to the authorities. The police of Iran arrested her on the same day when they promoted their so called moderation. Her fate remains unknown. This is the challenge for the authorities— the Iranian women are pushing for greater rights, far beyond token gestures by police chiefs. As for the brave protester, thousands of Iranian of women are demanding her release. The police are in a bind. #FreeHer#چهارشنبه_های_سفید #whitewednesdaysMercredi dernier le chef de la police iranienne a déclaré que si le voile d’une femme tombait « accidentellement » elle n’en serait plus mise en état d’arrestation mais devrait assister à des cours d’éducation [religieuse].Dans l’Iran d’aujourd’hui, personne ne retire accidentellement son voile.Comme on peut le voir dans cette vidéo, la jeune femme juchée sur un piédestal au milieu d’une rue très fréquentée, debout non voilée et agitant un voile blanc est devenue le plus récent symbole du combat des iraniennes contre le voile obligatoire. Son action revendicatrice courageuse, dans le cadre de la campagne des Mercredis Blancs est un défi aux autorités. La police iranienne l’a arrêtée exactement le jour où elle a présenté son soi-disant assouplissement. Son sort reste inconnu.Voici le défi pour les autorités — les iraniennes poussent pour plus de droits, bien au-delà des gesticulations des chefs de la police.Quant à cette courageuse manifestante, des milliers d’iraniennes demandent sa libération. La police est dans une impasse. #FreeHer

Publié par ‎My Stealthy Freedom آزادی یواشکی زنان در ایران‎ sur vendredi 29 décembre 2017

Mots-clés:
Iran femmes port du voile
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