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Le réchauffement climatique pourrait signer la fin du cacao d’ici à 30 ans

D'ici à 2050, les principaux pays producteurs de cacao pourraient subir une hausse de température de 2,1, rendant impossible la survie des cacaotiers. | © Flickr : Marco Verch

Société

D’ici à 2050, les principaux pays producteurs de cacao pourraient subir une hausse de température de 2,1, rendant impossible la survie des cacaotiers.

 

On avait déjà entendu la nouvelle d’une oreille. Aujourd’hui, une étude vient raviver les inquiétudes sur l’avenir incertain du chocolat. Selon ses auteurs, le cacao pourrait définitivement disparaître d’ici à une trentaine d’années. En cause ? Le réchauffement climatique.

Chaud cacao

Publiée dans le National Oceanic and Atmospheric Administration, l’étude détaille comment le climat très spécifique et indispensable au cacaotier pourrait, via le dérèglement climatique, signer l’arrêt de mort du chocolat. Pour se développer, les cacaotiers ont besoin d’un climat on ne peut plus précis : température stable et tropicale, forte humidité, sur un sol riche en azote et autour du parallèle de l’équateur. Des conditions climatiques essentielles qui risquent d’être de plus en plus difficiles à combler, en vue du réchauffement.

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D’après le rapport de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) qui mesure les évolutions climatiques, si la situation actuelle se poursuit, les principaux pays producteurs de cacao pourraient subir une hausse de température de 2,1 degrés d’ici à 2050. Ainsi, le Ghana, la Côte d’Ivoire et l’Indonésie pourraient bientôt ne plus être capables d’assurer leur production, qui répond pourtant à plus de la moitié de la demande mondiale. Combinée à l’évaporation progressive des eaux et à la diminution des précipitations, la menace de la sécheresse plane plus que jamais sur la survie du cacao.

Noir, blanc ou au lait… Si les plus grands amateurs de chocolat tremblent à l’idée de ne plus pouvoir en consommer, la nouvelle est d’autant plus inquiétante pour les 40 à 50 millions de personnes dans le monde qui vivent uniquement de la cultivation des fèves de cacao.

Flickr : Giulian Frisoni

Contre la pénurie, la manipulation génétique

Face à pareil constat, l’autre conséquence concerne les cultivateurs. À la recherche de territoires moins touchés par le réchauffement climatique, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les régions montagneuses. Régions qui sont pourtant censées être préservées de toute culture. Sauver la production de cacao ou préserver l’habitat naturel, le dilemme est de mise.

Alors pour contrer la pénurie possible de chocolat, des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley et à San Francisco se sont penchés sur les cacaoyers pour tenter de les rendre plus résistants au changement climatique. Dans une récente recherche dédiée à l’étude du génome, ces chercheurs ont trafiqué l’ADN du cacaotier pour tenter d’en générer une nouvelle plante. « En altérant son ADN, le cacaotier pourrait devenir résistant aux maladies causées par ces évolutions de température », explique Brian Staskawicz, professeur à l’Université de Californie à Berkeley.

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Et pour mener à bien ce vaste projet, le géant Mars – producteur de célèbres barres et autres billes chocolatées et qui a investi près d’un milliard de dollars dans divers projets liés à sa production de cacao – a notamment subventionné ce projet de manipulation génétique afin de trouver une réponse rapide au problème de la disparition du chocolat. À en croire ces récentes recherches, les cacaotiers génétiquement modifiés pourraient ainsi en être la solution.

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