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Catherine Deneuve cosigne une tribune qui défend la "liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle"

L'actrice Catherine Deneuve en mai 2011. | © EPA/GUILLAUME HORCAJUELO

Société

100 femmes françaises ont signé une tribune dans le journal Le Monde pour dénoncer le « puritanisme » et la « haine des hommes » qui sont, selon elles, la conséquence du mouvement "MeToo ».

Les mots qui fâchent depuis des mois sont lancés dès les premières lignes : le « puritanisme » et la « haine des hommes », régulièrement lancés à la figure des mouvements "MeToo » et "Balance ton porc ». Ils apparaissent dans une tribune publiée dans Le Monde et cosignées par "un collectif de 100 femmes », au lendemain des Golden Globes qui auront vu plusieurs célébrités s'indigner contre les violences - dont sexuelles - faites aux femmes. Parmis les signataires de la lettre ouverte, on trouve plusieurs actrices, dont l'une est une habituée des grandes cérémonies et festivals de cinéma : Catherine Deneuve.

Le texte s'indigne contre "cette libération de la parole [qui] se retourne aujourd’hui en son contraire ». La tribune du collectif sans nom s'attaque notamment à la vague de dénonciations, qu'il considère comme des "délations et (...) mises en accusation publiques d’individus » qui n'ont pas eu l'opportunité de se défendre avant d'être jugés publiquement. On pointe alors une "justice expéditive » dont ont fait les frais des hommes tels que Kevin Spacey ou Harvey Weinstein, dont certains "n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses 'intimes' lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque ».

"La vague purificatoire ne semble connaître aucune limite »

Les 100 femmes françaises, parmi lesquelles on retrouve également des artistes, autrices, et la directrice de la rédaction de Causeur Elisabeth Lévy, dénoncent également un certain questionnement des arts et son impact : l'appel au retrait d'un tableau de Balthus accusé d'encourager la pédophilie, ou encore l'interdiction de la rétrospective de Roman Polanski à la Cinémathèque de Paris. Elles interrogent également l'important dialogue autour de la verbalisation du consentement aujourd'hui.

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Pour les signataires, le discours féministe actuel sert surtout à infantiliser les femmes, faisant par là du tort à la "liberté sexuelle », en faveur "des extrémistes religieux », entre autres. Mais la femme ne serait pas ce à quoi le collectif estime qu'on la réduit aujourd'hui : une victime à protéger. "Elle peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement », détaille encore la tribune, avant d'assurer que les cosignataires ne se retrouvent pas dans "ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité ».

 

 

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