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Pas facile (et même parfois mortel) d’être cycliste en Belgique

La voiture ou la vie ? | © Belga

Société

Ce mardi en début de soirée, un cycliste a été fauché par une voiture à Stavelot. Un accident qui rappelle qu’il n’est décidément pas facile (ou sur) de faire le pari de se déplacer à vélo en Belgique. 

En Belgique, un rapport publié en 2016 par l’IBSR dévoilait ainsi que les cyclistes représentent 28% de tous les blessés graves et sont dès lors fortement surreprésentés dans les statistiques d’accidents de la route. Et quelle risque de lésions graves au kilomètre est 23 fois plus élevé pour un cycliste que pour un automobiliste. Plus préoccupant, encore : parmi les enfants de les 10 à 14 ans, 35% des tués dans la circulation circulaient à vélo. La faute à une infrastructure insuffisante ? Oui, mais pas seulement. S’il est vrai que le Sud du pays fait pâle figure face au circuit de pistes cyclables mis en place chez nos voisins flamands, selon le rapport de l’IBSR, 87% des cyclistes accidentés se sont blessés dans des accidents où ils sont les seuls en cause.

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Ainsi que le rappelle le Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes quotidiens, qui représente les usagers cyclistes en Belgique francophone, « Pour être respecté, soyez respectable. On ne roule pas sur les trottoirs, on ne roule pas sans éclairage à la nuit tombée, on ne brûle pas les feux rouges (à moins qu’un panneau spécifique ne vous y autorise), on s’arrête aux passages pour piétons… Manquer aux règles du code de la route, c’est se mettre (ou mettre les autres) en danger. Sans compter que c’est particulièrement mauvais pour l’image des cyclistes en général ». Une image qui est très différente suivant que l’on se trouve au Nord ou au Sud du pays.

Répartition inégale

Ainsi, en Belgique, le vélo constituerait le moyen de transport principal pour 302 000 personnes selon les chiffres recueillis par le gouvernement belge. Mais ces cyclistes sont répartis de manière inégale des deux côtés de la frontière linguistique : en Flandre, c’est en effet une personne sur huit qui se rend au travail à vélo, contre quelque trois personnes sur cent en Région de Bruxelles-Capitale et environ une personne sur cent en Région wallonne. Des disparités que l’on retrouve aussi dans les profils professionnels : les personnes exerçant un emploi élémentaire (ouvriers non qualifiés) se rendent le plus souvent au travail à vélo (12 %), suivis des membres du personnel des services directs aux particuliers, commerçants et vendeurs  (10 %). Du côté des managers, l’usage du vélo est plutôt marginal (4 %).

Danger sur la route

Quand on se penche sur les chiffres recueillis sur les accidents de deux-roues, on constate que si les cyclistes tués ont heureusement baissé de 50% depuis le début des années 90, leur nombre est toutefois légèrement à la hausse depuis 2012. De quoi positionner la Belgique dans le peu honorable classement des dix pays de l’UE où il y a le plus de cyclistes tués sur les routes. Et pour éviter les accidents, il pourrait simplement s’agir de persister et de rouler plus à vélo. Selon l’IBSR, « dans les régions où l’on roule beaucoup à vélo (nombre élevé de kilomètres parcourus à vélo par an), le risque par kilomètre parcouru est inférieur au risque perçu dans les régions ou pays où l’on roule peu à vélo ».

100 vols par jour

Reste qu’il faut encore espérer que rien n’arrive à sa monture, particulièrement fragile dans l’espace public. Selon les statistiques recueillies par la police, ce ne seraient pas moins de 100 vélos qui seraient volés chaque jour en Belgique; des chiffres qui ne sont que la partie visible de l’iceberg puisque 28 % seulement des Belges qui se font voler leur vélo le déclarent à la police. Les vélos qui sont le plus volés (plus de 40 %) sont ceux utilisés quotidiennement dans les grandes villes, les vélos avec assistance électrique ne représentant quant à eux qu’un peu plus de 1 % des vols recensés dans toute la Belgique. Et outre les vols, il faut également se prémunir contre le vandalisme. Une problématique que connait malheureusement bien Gobee.bike.

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À peine trois mois après leur arrivée à Bruxelles, les vélos de couleur vert pomme du service de location Gobee.bike délaissent la capitale. En cause: le vandalisme et les dégradations dont ces deux-roues ont fait l’objet.
« Ces dernières semaines, le vandalisme et les dégâts causés à notre flotte ont atteint des limites que nous ne pouvons plus surmonter » a indiqué l’entreprise dans un communiqué.

Nous étions prêts à prendre ce risque et investir nos ressources aussi bien financières qu’humaines ainsi que notre temps mais les nouveaux vélos ont à nouveau été vandalisés après quelques heures.

– Gobee.bike

Les vélos verts de GoBee.Bike étaient, avec ceux jaunes d’oBike, jusqu’ici les seuls systèmes de vélos en accès libre, partagés sans station fixe, à Bruxelles, mais cela est désormais terminé. Un sacré revers pour Bruxelles, qui sous la houlette du ministre Pascal Smet, veut se profiler comme une ville cycliste. « Nous trouvons ça dommage mais certains acteurs continuent à montrer de l’intérêt pour venir s’implanter à Bruxelles », réagit Mathias Dobbels, porte-parole du ministre Smet. Le nouveau règlement sur lequel planche le ministre Smet doit fournir davantage de clarté à la pratique du cyclopartage. Il sera en outre demandé aux entreprises de vélos partagés de réparer les vélos endommagés dans les 24 heures.

 

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