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Un ex-employé accuse Google de discrimination envers les hommes blancs conservateurs

Sexiste envers les hommes, Google ? Pas si l'on en croit les chiffres de l'entreprise | © BELGA PHOTO DIRK WAEM

Société

Depuis la révélation des abus commis par Harvey Weinstein, la parole des femmes se libère et les accusations de discrimination se multiplient. Et ces messieurs seraient concernés aussi : un ex-employé du géant Google accuse en effet l’entreprise américaine de discrimination envers les hommes blancs conservateurs. 

En août dernier déjà, avant que le mouvement #MeToo ne prenne de l’ampleur et que les femmes se mettent à dénoncer en masse le sexisme quotidien dont elles sont victimes, James Damore avait fait parler de lui. Cet ingénieur avait en effet diffusé un manifeste contre la discrimination positive de Google envers les femmes et les minorités. Un plaidoyer loin d’être du goût de tout le monde, à commencer par son employeur, qui l’avait accusé de violer le code de conduite de l’entreprise et l’avait licencié dans la foulée. Pas de quoi pousser James Damore à se taire, loin de là.

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Après s’être fait discret ces derniers mois, James Damore fait en effet son grand retour sur la scène médiatique en portant plainte contre Google, qu’il accuse de discrimination envers les hommes blancs conservateurs. Rejoint par un autre ex-employé mécontent, il affirme ainsi parler au nom de « tous les employés de Google discriminés en raison de leurs opinions politiques considérées comme conservatrices par Google, (…) de leur genre masculin, (…) de leur race caucasienne ». Les deux plaintifs estiment qu’ils « ont été ostracisés, rabaissés et sanctionnés pour leurs points de vue politiques hétérodoxes, et pour le péché supplémentaire de leur naissance, ayant fait d’eux des caucasiens et/ou des hommes ». Et James Damore ne s’arrête pas là.

Quotas illégaux

Selon lui, Google favoriserait les candidats issus des minorités, et mettrait en place « des quotas illégaux pour atteindre son pourcentage souhaité de femmes », n’hésitant pas à « couvrir de honte les managers des services qui n’auraient pas réussi à atteindre leurs quotas », alors même que « la présence de caucasiens et d’hommes est accueillie avec des huées lors des grandes réunions hebdomadaires d’entreprise ». Des accusations sévères, qui semblent toutefois à contre-courant des tendances de l’entreprise : selon les chiffres communiqués par Google, 69% de ses employés seraient en effet des hommes caucasiens ou d’origine asiatique. En outre, l’entreprise a déjà été l’objet de plusieurs plaintes d’anciennes employées qui l’accusent de plus rémunérer leurs collègues masculins.

Résonance idéologique

Des données qui laissent à penser que ce qui a véritablement posé problème dans le cas de James Damore, ce sont ses opinions bien tranchées. Positions qu’il avait choisi de divulguer cet été dans une note de 10 pages intitulée La caisse de résonance idéologique de Google. Un document polémique dans lequel il n’hésitait notamment pas à affirmer que les femmes étaient moins adaptées psychologiquement que les hommes à l’univers des nouvelles technologies, mais aussi qu’elles étaient davantage névrosées que ces messieurs, ce qui permettrait d’expliquer pourquoi elles étaient moins nombreuses à occuper des positions stressantes. De quoi expliquer que 75% des postes de direction chez Google soient occupés par des hommes, dont 68% d’hommes blancs ?

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