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Un mois sans râler : Et si c’était mauvais pour la santé ?

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N'allez pas dans l'extrême non plus, ne suivez pas l'exemple de Grumpy Cat. | © Instagram/GrumpyCat

Société

Du 15 janvier au 14 février, les Belges sont invités à ne plus se plaindre. Alors que certains se demandent si 30 jours sans râler est possible, certaines études avancent que ce n’est pas bon pour la santé.

« Cette année, je reprends le sport ! » Cette phrase, tout le monde l’a prononcée au moins une fois en guise de résolution. « Nouvelle année, nouveau moi ». Mais après deux semaines, les vieilles habitudes reviennent au galop. La séance de sport est vite délaissée au profit de la nouvelle série Netflix en continuant à payer un abonnement à la salle qu’on aura foulée moins de fois que les épisodes de cette dernière. Alors plutôt que de s’imposer des résolutions qu’on ne tiendra pas, l’année 2018 sera sous le signe des défis. Pour commencer l’année en beauté, les Belges Greet Van Hecke et Isabelle Gonnissen ont lancé le « mois sans se plaindre ».

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À partir de ce lundi 15 janvier, le « Blue Monday », considéré comme le jour le plus déprimant de l’année, le défi lancé en Flandre propose d’« encourager les gens à aborder la vie de façon positive ». Et ce, jusqu’au 14 février, jour de la Saint-Valentin. Un défi de taille alors que le mois de janvier semble être le principal obstacle : l’absence de lumière, la fin de la période des fêtes (et les pires cadeaux qui en découlent), les prochains congés qui semblent encore loin. Pour accompagner les participants, les deux femmes à l’initiative de ce « mois sans râler » ont l’intention de publier des conseils sur le site de la campagne et de proposer chaque jour un défi à réaliser sur leur page Facebook. Notre premier conseil : ne dites pas que un mois, c’est trop long, vous aurez déjà perdu avant de commencer.

Générateur d’anxiété

Les participants vont enfin pouvoir découvrir si une attitude positive va de pair avec une bonne santé. Certaines études l’ont déjà prouvé : comme la cigarette ou l’alcool, le syndrome de Calimero n’est pas bon pour vous, ni pour les autres. « Lorsque vous vous plaignez fréquemment, votre cerveau s’adapte pour faciliter ce type de comportement. Plus vous en prenez l’habitude, plus vous êtes tenté d’être négatif, quelle que soit la situation », explique Travis Bradberry, auteur du livre Emotional Intelligence 2.0, au Huffington Post. Et cela a bien sûr des conséquences sur votre entourage et la manière dont les autres vous perçoivent.

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Flickr/Joopey

Selon le psychiatre américain Steven Parton, râler à tout bout de champ a également des effets néfastes sur notre santé physique. Problèmes cardiaques, diabète, obésité… La négativité abusive est un puissant générateur d’anxiété qui augmente ainsi le risque de maladies mais aussi de dépression.

Arrêter de râler ne signifie pas tout accepter

Pourtant, d’autres études avancent le contraire : râler est bon pour la santé. Que les détracteurs de ce défi ne se réjouissent pas trop vite, les deux études ont tout à fait raison. Le tout est d’exprimer son ressentiment avec parcimonie. C’est bien connu, mieux vaut exprimer sa colère que bouillir intérieurement. « Attention, arrêter de râler ne veut pas dire tout retenir à l’intérieur. Sinon, c’est l’effet cocotte minute, et c’est pire, on est obligé d’exploser à la fin pour faire tomber la pression ! », affirme Christine Lewicki, auteure du livre J’arrête de râler au HuffPost.

Comme râler de manière abusive, se taire est aussi néfaste. Des chercheurs allemands ont d’ailleurs constaté chez les individus les plus « répresseurs » (qui contiennent leurs émotions négatives) une accélération cardiaque par rapport à ceux qui extériorisent leurs émotions. À long terme, cette accélération pourrait augmenter les risques d’hypertension ou d’ennuis cardiaques, rapporte Le Parisien.

Râler moins, mais mieux

En résumé, râler de temps en temps peut avoir un impact positif mais attention à ne pas tomber dans l’excès sous peine d’obtenir l’effet inverse. Pour continuer à se plaindre de manière saine, il faudrait donc apprendre à hiérarchiser la colère (pas trop de plaintes à la fois) et à s’adresser à la bonne personne. Inutile en effet de s’énerver sur le contrôleur lorsque votre train a 22 minutes de retard et vous fera donc rater votre correspondance. Ne pas confondre également demander un véritable changement et faire des colères, conseille le psychologue Didier Pleux, auteur d’Exprimer sa colère sans perdre le contrôle au Parisien.

Relever le défi lancé par les deux Belges ce mois-ci et apporter plus d’optimisme dans sa vie ne peut être qu’une bonne idée pour commencer l’année, sans oublier de souffler.

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