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Il y a 50 ans, les Wallons étaient chassés de Louvain au son de « Walen Buiten »

Le pays avait été le théâtre de manifestations | © BELGA PHOTO ARCHIVES

Société

Il y a 50 ans, les étudiants flamands de Louvain, soutenus par leurs professeurs, lançaient leurs actions pour exiger la scission de l’université catholique et le départ de l’aile francophone.

Le point de départ de la révolte : le plan d’expansion rendu public le 14 janvier 1968 par la Conseil académique francophone de l’université, faisant état de nouveaux investissements et confirmant l’unité de l’institution. Les étudiants flamands manifestent alors en nombre, comme en 1966 lorsque les évêques de Belgique proclament l’unité de l’université de Louvain. La grève et les manifestations durent des semaines, des bagarres ont lieu avec la gendarmerie, les bureaux du rectorat sont incendiés, on vide le contenu des extincteurs dans les auditoires des étudiants francophones, les examens sont suspendus, etc… Et la révolte se répand à d’autres établissements académiques en Flandre.

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La colère se calme quelque peu début février 1968 lorsque les évêques reviennent sur leur refus de la scission et après la chute du gouvernement Vanden Boeynants le 7 février sur ce dossier. Le nouveau gouvernement met la scission de l’université en exergue dans son programme. Au cours de la décennie qui suivra, les activités francophones de l’université catholique seront progressivement transférées dans une nouvelle ville baptisée Louvain-la-Neuve. Il est généralement considéré que la scission de l’université de Louvain a accéléré le processus de fédéralisation du pays.

Jumelage

Et en 2018 ? En mai dernier, les autorités locales d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et de Leuven ont signé un accord de jumelage. Dès 2001, le bourgmestre de Louvain Louis Tobback avait proposé un jumelage face à la coopération grandissante entre les deux villes universitaires.

Aujourd’hui, les temps sont mûrs. A la souffrance initiale vécue par les francophones de ce pays a succédé une sérénité qui n’est pas seulement liée au temps qui passe. Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est en raison de la réponse – du pari fou – qui a été apportée à la scission de l’université: avoir conçu en quelques années une ville nouvelle, et ensuite être parvenu à la réussir au point d’en faire un modèle de la ville de demain. De la sérénité donc. Et la satisfaction d’en être sortis par le haut.

En pratique, le jumelage se marque principalement sur le plan touristique et culturel, avec des activités telles que la journée Wallonie bienvenue; mais l’alliance est particulièrement forte en ce qui concerne les deux institutions universitaires, qui collaborent notamment sur différents projets de recherche.

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