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Il fait subir un calvaire à son poney Shetland et s’en sort avec un simple sermon

Poly a vécu un véritable calvaire pendant plus de 10 ans | © DH.be

Société

Pas besoin d’être un ardent défenseur de la cause animale pour que la photo du calvaire subi par Poly le poney fasse froid dans le dos. Et pourtant, son propriétaire s’en est sorti avec une simple réprimande de la part du Parquet de Tournai. 

L’association Animaux en Péril avait été appelée par les services de l’Unité Bien-être Animal de Wallonie (UBEAW) afin de prendre en charge un cheval et un poney gravement maltraités sur le territoire d’Antoing, près de Tournai, en mars dernier. Sur place, c’est l’horreur pour les bénévoles de l’association qui découvrent des animaux dans un état pitoyable, avec des conditions de détention proches de la torture. Les deux équidés étaient enfermés depuis de nombreux mois dans des boxes d’une saleté inouïe, à un point tel que la hauteur du fumier atteignait 60 centimètres et que la tête du cheval touchait de ce fait l’intérieur de la toiture.

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Au-delà de la saleté, les pauvres équidés devaient également composer avec une alimentation bien insuffisante, leur état de maigreur étant devenu cachectique, soit le point auquel la graisse mais aussi les muscles fondent faute de nutrition suffisante. La vermine avait en outre entièrement envahi leur toison qui tombait par plaques. Mais le pire était leurs sabots, qui n’avaient plus été entretenus depuis au moins dix ans. Tant et si bien que les sabots du poney avaient poussé en formant une révolution atteignant 540 degrés, soit un tour et demi. Le vétérinaire chargé de prendre en charge les animaux une fois qu’ils avaient été sauvé avait établi un constat sans appel à l’époque.

Il faut environ 10 ans sans aucun parage pour en arriver à un tel résultat. Les articulations sont déformées, le pelage est couvert de poux et l’état de maigreur de l’animal présente un indice corporel de 1 sur une échelle de 1 à 5. Le pronostic vital est engagé. 

Un scénario catastrophe qui aura heureusement été évité grâce au dévouement de l’association et des membres du personnel médical mais aussi d’un maréchal-ferrant aux mains d’or qui a réussi avec patience et persistance à corriger les sabots de Poly. Qui trottine gaiement aujourd’hui, son calvaire enfin derrière lui.

Admonestation sévère en guise de punition

Son propriétaire devait quant à lui répondre des faits devant le Parquet de Tournai. De tels cas de négligence aggravée représentent une infraction de troisième catégorie, qui peut être sanctionnée par une amende allant de 100 à 100 000 euros ainsi qu’une peine de prison de huit jours à 6 mois de prison. Seulement voilà, le Parquet en a décidé autrement : les responsables d’Animaux en Péril ont en effet appris par le biais de leur avocat que le procureur du roi avait décidé de classer l’affaire sans suite, se contentant de sermonner le propriétaire des chevaux maltraités. De quoi faire se cabrer leurs défenseurs, qui craignent le pire : « Si le Parquet ne poursuit pas un tel délit, il ne le fera plus jamais pour une question de maltraitance animale ». 

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