Paris Match Belgique

Record sanglant : Au Mexique, les cartels sont toujours plus meurtriers

trafic de drogue

Au Mexique, les experts signalent également une diversification des activités des bandes criminelles qui procèdent aussi au trafic d'essence volée, extorquent des commerçants ou s'activent dans le trafic d'êtres humains. | © Flickr

Société

Le Mexique a enregistré 25.339 homicides en 2017, sur fond d'une vague de violences croissante liée au trafic de drogues, selon les chiffres officiels, faisant de 2017 l'année la plus meurtrière depuis le début d'un tel décompte en 1997.

Le secrétariat pour la Sécurité, relevant du ministère mexicain de l'Intérieur, a publié samedi soir les chiffres des homicides pour décembre, qui se sont élevés à 2.219, soit un total pour l'année écoulée de 25.339 meurtres. La violence liée au trafic de drogues a fait plus de 200.000 morts depuis décembre 2006, date à laquelle les autorités fédérales mexicaines ont lancé une opération militaire controversée contre le trafic de drogues et qui, selon ses détracteurs, n'a fait que contribuer à la multiplication des attaques et des assassinats. Ces meurtres se sont produits dans les États liés à la présence de cartels de drogues, comme celui de Guerrero dans le sud ou celui de Veracruz à l'est, relèvent les experts.

Narcos au Mexique

En 2017, les états qui étaient étrangers à la violence il y a encore peu, comme la Basse Californie, Colima (nord-est), le Guanajuato (centre), ont commencé à être affectés par des attaques de type criminel, toujours selon les statistiques officielles. Le nombre des homicides avait reculé sous les 20.000 entre 2013 et 2015, mais rebondi à 20.545 en 2016. Les spécialistes attribuent cette recrudescence à l'apparition de nombreuses cellules criminelles autonomes après la capture de responsables de cartels de la drogue.

Lire aussi > Narcos: Un assistant de production en repérage tué par balles au Mexique

Diversification des activités

Ces experts signalent également une diversification des activités des bandes criminelles qui procèdent aussi au trafic d'essence volée, extorquent des commerçants ou s'activent dans le trafic d'êtres humains. Dans ce contexte, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir au Mexique, a fait adopter en décembre au Congrès une loi vivement contestée sur la sécurité. Selon ses opposants, elle risque de conduire à la militarisation du pays quand, mettent-ils en garde, la stratégie militaire de la lutte contre la drogue n'aura pas apporté les résultats escomptés. Une requête a été déposée devant la Cour suprême, notamment par des parlementaires de l'opposition, pour dénoncer cette loi comme inconstitutionnelle.

(Avec Belga)

CIM Internet