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Une étude pointe l'augmentation massive d'homicides envers les LGBTQ américains

En 2017, on recense 52 homicides motivés par la haine de personnes LGBT, contre 28 en 2016. | © Marvin RECINOS / AFP

Société

Depuis 2016, le nombre d'homicides LGBTQphobes a quasiment doublé aux États-Unis. Un chiffre qui fait de 2017 l'année la plus meurtrière pour la communauté LGBTQ.

 

Ce 20 janvier 2018, Donald Trump fêtait son anniversaire présidentiel un an après avoir investi les bureaux de la Maison Blanche. Depuis plusieurs semaines, l'heure est au bilan.

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Comme chaque année, la Coalition nationale de programmes anti-violence (NCAVP) a publié son rapport sur les violences et meurtres commis envers les personnes LGBTQ en 2017. Contre 28 en 2016, les États-Unis ont recensé 52 homicides motivés par la haine de personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres ou queers en 2017, soit une moyenne d'un homicide par semaine. Un nouveau record sur le territoire U.S selon la NCAVP, dont le rapport révèle une augmentation de 86% des violences commises envers la communauté LGBTQ depuis un an.

L'effet Trump

"Il y a beaucoup plus de violences car le climat dans le pays a changé", a déclaré la directrice du projet anti-violence de la ville de New York Beverly Tillery qui accuse sans détour la politique du président américain. "Donald Trump a remporté l'élection en disant qu'il était temps pour les personnes se sentant rejetées comme les LGBTQ, les immigrés et les gens de couleur, de récupérer l'Amérique", souligne-t-elle au Huffington Post. Une "tactique pour attaquer ces communautésqui a fonctionné, ajoute-t-elle, en donnant aux citoyens américains "la liberté de commettre des actes de violences motivés par la haine, sans qu'il n'y est de répercussions".

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Les personnes de couleur LGBTQ semblent avoir été les principales victimes de violence en 2017, souligne le rapport qui sur le nombre total d'homicides commis l'an passé, comptabilise 71% de victimes de couleur et 23% de race blanche. Parmi elles, majoritairement des femmes transgenres et des hommes transgenres, homosexuels ou bisexuels. Les États les plus touchés étant la Floride, la Géorgie, l'État de New York, la Louisiane et le Texas.

Escalade de violences

Comme l'an passé, le rapport précise que ces chiffres alarmant sont probablement sous-estimés, les cas étant fréquemment documentés de manière incorrecte. « Il y a beaucoup plus d’homicides de personnes LGBT que ce qu’ils déclarent », estime-t-il. « Généralement, ils ne signalent pas les communautés qui sont plus petites et où les cas ne sont pas facilement identifiables comme ceux des homicides LGBT », déclarait en août dernier Dallas Drake, chercheur principal au Centre for Homicide Research"Nous savons que les chiffres que nous rapportons ne tiennent pas compte de tout ce qui se passe dans tout le pays", a expliqué quant à elle M. Tillery du NCAVP.

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Sans relâche, la coalition nationale de programmes anti-violence dévoile ses statistiques pour encourager les gens à « rejeter les préjugés anti-LGBTQ », dit-elle, et à résister « à la rhétorique haineuse ou aux politiques avancées » par l'administration Trump et ses législateurs. « Il y a beaucoup de gens dans la communauté LGBTQ qui se sentent touchés en ce moment, que ce soit en expérimentant la violence directement ou en connaissant des gens qui ont été victimes de violences », ajoute Beverly Tillery dansles colonnes du Huffington Post. "Je ne sais pas si tout cela est basé sur les croyances de Trump ou pas, mais à ce stade, il est difficile d'imaginer que ce n'est pas le cas."

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