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USA: Des enfants « désadoptés » défilent dans des « foires aux enfants »

Il est très facile aux Etats-Unis de "désadopter" un mineur d'âge. | © Illustration ©Eric Audras/AltoPress/Maxppp

Société

Aux Etats-Unis, la législation rend possible la « désadoption » d’un enfant. C’est le cas d’un enfant adopté sur quatre, qui parfois défilera dans une « foire aux enfants ».

 

Il n’est pas nécessaire de justifier une « désadoption », aux Etats-Unis. Chaque année, 25 000 enfants sont dans ce cas de figure. En effet, quelques mois après leur adoption seulement, des enfants nés au Nicaragua, en Chine ou en Russie sont échangés par leur parents adoptifs. Le phénomène atteint son paroxysme lors de « foires aux enfants », comme l’événement Meet the Kids, sorte de speed dating où les enfants « remis en circulation » défilent devant de potentiel nouveaux parents. C’est ce qu’a révélé un reportage de Sept à Huit, ce weekend.

 

La vidéo montre des mineurs, parfois adolescents, défiler devant un parterre de wannabe parents. Une voix-off leur décrit chaque enfant selon deux ou trois qualificatifs.

Par exemple: «  Mélodie, 14 ans, aime être le centre de l’attention et adore le rose! ».

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Un phénomène qui ne date pas d’hier

Le phénomène n’est pourtant pas nouveau. En 2013, Megan Twohey, journaliste pour l’agence Reuters, avait épluché 5.100 annonces, publiées sur Yahoo et Facebook notamment, sur une période de cinq ans. Des parents « déçus » par leur nouvel enfant, ou « dépassés », prenaient déjà à l’époque l’initiative d’échanger leur enfant adopté.

Une agence d’adoption peut « brader » un enfant, lorsqu’il a déjà été adopté par le passé. Flickr/photosdetibo

Des parents-clients

Dans une autre annonce datant de juillet 2012, une femme du Nebraska offrait son petit garçon de 11 ans qu’elle avait adopté au Guatemala. «J’ai vraiment honte de dire ça, mais je déteste vraiment ce garçon ! » pouvait-on lire dans un article Paris Match, en 2013.

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Les agences d’adoption, pour pallier ce triste marché d’enfants, et pour que ces derniers trouvent un nouveau foyer, n’hésitent pas à les « brader » en faisant payer moins de frais aux nouveaux parents. Au pays de l’Oncle Sam, « le client est roi ». Cet adage est pris au mot et agrémenté à toutes les sauces. Si bien que certains parents adoptifs confondent les rôles, entre consommateur et parentalité. Une confusion favorisée par la loi américaine.

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