À l’IHECS, les réfugiés pourront bientôt suivre les cours depuis les bancs d’auditoire

À l’IHECS, les réfugiés pourront bientôt suivre les cours depuis les bancs d’auditoire

Gratuitement et pendant quatre mois, ils pourront bénéficier des cours inclus dans le cadre de la formation proposée par l'IHECS. | © Facebook - IHECS

Société

Dès février, la Haute École de communication bruxelloise proposera pour la première fois un programme de cours pour les réfugiés.

 

Pour l’instant, ils ne sont que sept inscrits. Mais d’ici le 5 février, ils pourraient être plus à pousser les portes vitrées de l’école de communication de la rue de l’Étuve à Bruxelles.

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En tant qu’élèves libres, les réfugiés et demandeurs d’asile comme Dramé, Sallah, Shataev, André ou Assoumane (d’ores et déjà inscrits) sont invités à prendre place sur les bancs des auditoires parmi les autres Ihecsiens. Gratuitement et pendant quatre mois, ils pourront bénéficier des cours inclus dans le cadre de la formation proposée par l’IHECS. De la théorie de la communication à l’histoire de l’art en passant par les institutions belges et européennes, « le but est de leur permettre de s’ouvrir à de nouvelles connaissances et leur donner le goût de la communication », explique Hélène Pochet, responsable du programme.

Le petit plus des cours pratique

Pour pouvoir participer au programme, nul besoin d’avoir de diplôme « tant qu’ils ont la motivation », précise-t-on. Parce qu’il ne constitue qu’une formation d’appoint et qu’il ne délivre aucun diplôme en retour, le programme n’exige aucun certificat d’études de la part des nouveaux arrivants. « La plupart des inscrits sont déjà diplômés – en droit, en comptabilité, en agrobiologie – et avec des profils très différents, mais ils n’ont jamais eu l’occasion de mettre à profit leur diplôme », explique Hélène Pochet. « Ils sont surtout intéressés d’avoir ce petit truc en plus qu’on leur propose dans leur parcours de vie ».

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Comme d’autres écoles et universités avant elle, l’IHECS entame son premier pas dans l’intégration en misant sur sa carte personnelle : les cours de pratique. « On a la force d’être une Haute École et d’avoir un contact assez facile entre étudiants et professeurs. Mais c’est surtout l’approche pratique qui est intéressante pour les réfugiés », explique Hélène Pochet. Située en plein cœur de Bruxelles et à travers les activités qu’elle propose, l’IHECS espère ainsi pouvoir offrir aux réfugiés une exploration extérieure de la ville ainsi que des connaissances plus approfondies sur la culture belge. Car bien plus qu’une formation sur mesure, le programme privilégie l’intégration et le mélange entre tous les étudiants. « On ne veut pas les stigmatiser en les mettant dans un programme spécifiquement établi pour eux et où ils ne seraient jamais avec les autres étudiants », précise-t-on.

L’idée est de leur donner une vraie place au sein de l’école.

Une dynamique inévitable

À terme, le programme envisage d’intégrer les réfugiés dans l’équipe du Bruxelles Bondy Blog – une rédaction au sein de l’école et gérée par les étudiants – afin que ces nouveaux étudiants deviennent co-créateurs de contenu. Une ambition qui se veut bénéfique autant pour les réfugiés que pour les autres étudiants. Donnant aux uns « une voix dans l’espace médiatique » et aux autres, « la possibilité d’être davantage en contact avec des réalités qu’ils traitent », ajoute Hélène Pochet, elle-même ancienne étudiante à l’IHECS. « Étant donnée la situation en Belgique et tous les débats politiques actuels autour de la migration, c’est une dynamique à côté de laquelle on ne peut pas passer ».

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