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Une étude dénonce les « thérapies de conversion » appliquées à des milliers d’adolescents

Selon le rapport, 698 000 personnes LGBTQ ont subi ce genre de thérapies, dont 350 000 mineurs. | © Flickr : torbakhopper

Société

Encore un peu partout dans le monde, on propose aux jeunes d’enterrer leur homosexualité ou leur identité de genre grâce à ces thérapies pourtant controversées.

 

Rien qu’aux États-Unis, 700 000 jeunes LGBTQ ont subi une thérapie de conversion. Avec ce chiffre, le William Institute de l’école de droit de l’Université de Los Angeles, entend attirer l’attention sur ces pratiques qu’il juge « anormales » et allègrement tolérées dans le pays, avec encore 41 États qui l’autorisent.

Entre 20 000 et 80 000 adolescents « traités » avant leur majorité

Pratiquées aux États-Unis depuis plus d’un siècle, les « thérapies de conversion » ont pour objectif d’amener les jeunes à changer d’orientation sexuelle ou d’identité de genre à l’aide de méthodes telles que l’hypnose, les groupes de parole, la chirurgie ou encore la thérapie par aversion, visant à engendrer du dégoût ou de la paralysie à la vue de rapports homosexuels. Ces thérapies, ils sont 698 000 à les avoir subies, dont 350 000 LGBTQ mineurs, rapporte une récente étude du William Institute qui estime qu’avant d’atteindre leur majorité, entre 20 000 et 80 0000 adolescents subiront encore ce genre de traitements sur le territoire américain. Exposant ses pronostics, la nouvelle étude suggère ainsi qu’environ 57 000 jeunes recevront ce type de traitement de la part d’un conseiller religieux ou spirituel.

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« Notre recherche montre que les lois qui interdisent la thérapie de conversion peuvent protéger des dizaines de milliers d’adolescents contre ce que les experts médicaux disent être une pratique nuisible et inefficace », a déclaré l’auteure principale de l’étude, Christy Mallory.

Inefficacité et nocivité

À l’heure où les plus grandes instances américaines de médecine (dont l’Association médicale américaine, l’Association psychiatrique américaine et l’Académie américaine des pédiatres) clament l’inefficacité, voire la nocivité de ce genre de thérapie, il n’y aurait actuellement que neuf États américains à l’interdire : la Californie, le Connecticut, l’Illinois, le Nevada, le New Jersey, New Mexico, l’Oregon, Rhode Island, le Vermont et Washington. « Tenter de changer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne peut avoir de sérieuses conséquences sur le psychisme », souligne le rapport. « Notamment, le suicide ». Pourtant, la pratique continue d’être appliquée aux quatre coins du monde.

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De l’Amérique à l’Europe en passant par l’Asie, les thérapies de conversion demeurent légales. Pratiquée dans le secret, cette méthode jugée archaïque par de nombreuses associations internationales ne semble pas être la priorité des gouvernements européens. Rien qu’en France ou aux Royaume-Uni où elle apparaît totalement légale, même si des débats politiques émergent.

Mettre fin aux croyances

En plein festival du film de Sundance, la polémique autour des thérapies de conversion a justement été relancée. Avec The Miseducation of Cameron Post, où une adolescente lesbienne est envoyée dans un « camp de réorientation » pour enterrer son homosexualité, la réalisatrice Desiree Akhavan a choqué le public et ravi les critiques. Lors de la grande première, l’actrice Chloe Moretz qui incarne le rôle de l’adolescente homosexuelle a déclaré sur le tapis rouge : « L’administration (Trump) croit réellement à la thérapie de conversion ». « Le vice-président Mike Pence a essayé de la faire financer par l’État », preuve de la gravité du problème, a-t-elle ajouté. Sidérée de constater que « 45 de nos 50 États américains ont le droit de pratiquer la thérapie de conversion gay ».

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