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#WeToo, le hashtag masculin pour soutenir la libération de la parole des femmes

Michel Hazanavicius

Michel Hazanavicius a lancé ce hashtag. | © EPA/CHRISTOPHE KARABA

Société

Dans une lettre ouverte, le réalisateur Michel Hazanavicius et le journaliste Raphaël Glucksmann ont lancé le mouvement « We Too », « nous aussi », pour appeler les hommes à soutenir la libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.

« Nous aussi, nous voulons l’égalité ». Tel est le titre de la lettre ouverte signée par le réalisateur Michel Hazanavicius et le directeur de la rédaction du Nouveau Magazine Littéraire Raphaël Glucksmann, dans le magazine de ce dernier. Plus de trois mois après le début du #MeToo, les deux hommes ont lancé le hasthag masculin #WeToo pour s’engager à leur tour dans ce combat pour l’égalité.

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Après le scandale Weinstein, la parole des femmes s’est libérée. Elles sont des milliers à avoir raconté leur expérience et dénoncé le harcèlement et les violences sexuelles dont elles ont été victimes. « Notre réaction fut d’abord de nous taire et de lire, d’écouter ce qu’elles avaient à nous dire d’elles-mêmes, du monde et de nous », admettent les deux hommes dans leur tribune avant d’ajouter : « il nous faut donc prendre la parole à notre tour ».

Refus de la liberté d’importuner

Faisant référence notamment à la « liberté d’importuner » défendue par un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, dans les colonnes du Monde, Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius déclarent ne pas vouloir « de ces ‘libertés’ si elles s’inscrivent dans des situations et des structures de domination ».

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« Combat commun »

Les deux signataires voient dans ce mouvement d’émancipation, non pas une « révolte des femmes contre les hommes » mais bien « un combat commun contre les injustices faites aux femmes ». Et cela les réjouit. « Nous ne voyons pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle, la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux », estiment-ils avant de reprendre les mots de Natalie Portman lors de la Women’s March : « une révolution du désir ».

« Nous aussi, nous voulons l’égalité qui seule nous rendra tous et toutes réellement libres », concluent les deux hommes qui veulent laisser la parole aux femmes.

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