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Les nouvelles entreprises du cool veulent des génies, des ninjas et des gourous

Est-on forcément heureux quand on a le poste de "sorcier" au boulot ? | © Pexels

Société

Les startups sont de plus en plus nombreuses à chercher des « génies » ou des « gourous » pour renforcer leurs équipes. Des intitulés pour des postes dénués de sens ?

On leur promet des croissants le mercredi matin, un baby-foot dans la « salle de créativité », des lunchs sur le pouce devant leur ordinateur, des hamacs pour la sieste de 19 heures et des afterworks alcoolisés pour doper leur esprit d’équipe. En échange, ils devront être dynamiques, flexibles, pas franchement à cheval sur les horaires et pourquoi pas, des génies. C’est en tout cas de plus en plus fréquent, à en croire une étude du moteur de recherche d’emplois Indeed.

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« Dans un contexte de guerre des talents, les entreprises du secteur des technologies ne manquent pas d’imagination pour rendre sexy et attractifs des intitulés de postes », confie l’agence à propos de ces annonces caractéristiques des startups. Dans le top 5 des profils recherchés, on retrouve ainsi « rock star », « gourou », « ninja », « sorcier » et « génie ». Ce dernier est parmi les plus populaires, puisque le terme de « génie » a fait un bond de 82,5% dans les offres d’emploi en deux ans.

Bullshit jobs

« Même si les intitulés de postes peuvent sembler amusants et contribuent à communiquer la culture d’une entreprise, ils peuvent aussi dérouter les chercheurs d’emploi qui recherchent des rôles correspondant à leurs compétences et à leur expérience », explique Indeed. Ils sont également symptômatiques d’un nouveau paysage professionnel où l’on demande toujours davantage de qualifications aux chercheurs d’emploi, chose d’autant plus étonannte dans ces jeunes entreprises, où la moyenne d’âge devrait pourtant être un frein à ces (trop) nombreuses qualités.

©Pexels – Entourer un poste d’une aura « cool », telle est la nouvelle techique des start up pour faire accepter ces nouvelles conditions de travail qui régissent le 21ème siècle.

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Tandis que le magazine Society consacre ce mois-ci un numéro à l’univers « happytoyable » des startups, Le Monde revenait en 2016 déjà sur les « bullshit jobs », ces emplois dénués de sens pour ceux qui les endossent. « Il est facile et tentant de moquer la profusion de ces métiers aux contours mal définis, connus pour distiller une bonne dose d’ennui et parfois une sorte de mal-être. Encore plus tentant de s’en gargariser dans une ère de chômage de masse », introduit le journal. Aussi simple que trouver un vrai-faux ninja dans une marée de jeunes demandeurs d’emploi tout droit sortis des études, sans grande perspective d’avenir.

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