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Maison de l’horreur : Le terrible secret de l’ainé des Turpin

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La maison des Turpin dans laquelle leurs 13 enfants étaient retenus captifs. | © AFP PHOTO / FREDERIC J. BROWN

Société

L’ainé des Turpin, aujourd’hui âgé de 26 ans, était autorisé à sortir de chez lui pour se rendre à l’université. Mais jamais il n’a parlé de l’horreur qu’il vivait avec ses 12 frères et sœurs.

 

Dans les allées de l’Université publique de San Jacinto, en Californie, il était connu comme ce garçon pâle à l’air triste, reconnaissable par une coupe au bol semblable à celle de son père. Il était cet élève qui ne parlait à personne, semblait très déprimé et ne participait à aucune activité extra-scolaire. Il n’avait pas d’amis et n’avait jamais osé aborder le calvaire qu’il vivait une fois rentré chez lui. Comme ses 12 frères et sœurs, l’aîné de la famille Turpin était maltraité par ses parents. Retenus prisonniers de ce couple qui fait aujourd’hui la Une des médias, les enfants Turpin étaient pour la plupart scolarisés à la maison, ne sortaient que très rarement et étaient parfois enchaînés à leurs lits.

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S’ils se rendaient à l’extérieur, ils étaient toujours accompagnés d’un de leurs parents. C’était le cas du plus âgé d’entre eux. Louise Turpin, sa mère, l’amenait toujours en cours, puis elle attendait à l’extérieur qu’il termine, avant de le raccompagner à la maison. De 2014 à 2016, le jeune garçon a arpenté les allées de cet établissement, obtenant pratiquement toujours des A, suivant des cours d’algèbre, de guitare, d’anglais et de prise de parole en publique. Par deux fois, il a même été inscrit au tableau d’honneur.

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« Ils avaient l’air bien élevés »

Certains camarades, comme Maci Duncker, ont bien essayé de lui parler quelques fois, mais il partait sitôt la leçon terminée. « J’ai tenté de lui dire bonjour parfois, mais tout ce qu’il faisait, c’était me regarder. Et puis un moment, il a arrêté de venir », s’est-elle souvenue pour ABC News. Un autre élève, Joe Chermak, a raconté avoir vu, au printemps 2016, lors d’un concert organisé par les étudiants, toute la famille au grand complet. « Ils avaient l’air bien élevés. Ils portaient tous un genre d’uniforme, donc j’ai pensé d’abord qu’il s’agissait d’enfants venus d’une autre école. Personne n’a vraiment fait attention à eux, mais ce que je sais, c’est qu’ils sont partis abruptement du spectacle », s’est-il souvenu, expliquant avoir toutefois été choqué par leur maigreur.

Inconscients

Toutes ces années, jusqu’à ce que l’une des filles du couple décide courageusement de dénoncer ses parents, l’ainé des Turpin a gardé ce terrible secret. Pourquoi n’a-t-il jamais parlé. Selon Gale Kelley, membre de l’association pour l’aide aux traumatismes, « ces enfants n’ont connu que ça. C’était normal pour eux. Certains n’ont peut-être jamais eu conscience d’être maltraités. Et nous ne savons pas quel genre de menace leur a été dite par les parents », a-t-elle indiqué à CBS.

Les parents Turpin ont été arrêtés après que l’une des enfants a pris la fuite par la fenêtre et téléphoné aux secours. Selon l’enquête, ils n’autorisaient les victimes qu’à prendre une seule douche par an et les frappaient régulièrement. Les enfants étaient parfois enchaînés à leurs lits. Poursuivis pour actes de torture et maltraitance, ils ont tous les deux plaidé non coupable.

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