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En Italie, le village olympique abandonné abrite aujourd’hui plus de 1000 réfugiés

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Le village olympique à Turin en 2006. | © EPA

Société

Alors que la plupart des sites olympiques restent abandonnés après les jeux, à Turin, le village des athlètes est aujourd’hui occupé par plus de 1000 réfugiés et migrants africains.

Il y a plus de 10 ans, Turin accueillait les plus grands athlètes de dizaines de pays lors des Jeux Olympiques d’hiver de 2006. Construit spécialement pour cette occasion, le village où ils logeaient comprenait plusieurs immeubles modernes et colorés, mais comme la plupart des anciens sites olympiques, ceux-ci ont rapidement été laissés à l’abandon une fois la compétition terminée. Aujourd’hui, les locataires viennent à nouveau de plusieurs pays : plus de 1000 migrants et réfugiés, originaires essentiellement de nations africaines, ont élu domicile dans quatre de ces bâtiments depuis 2013.

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Laissés à la rue

D’après The Guardian, la majorité de ces occupants ont fui la guerre civile en Libye. Après être arrivés sur l’île de Lampedusa, ils ont ensuite été dispersés par un réseau de centres d’accueil temporaires à travers le pays. Mais en 2013, lorsque le gouvernement italien a mis fin subitement à son programme d’urgence nord-africaine, des milliers de migrants se sont retrouvés à la rue. « Le principal besoin était de donner un toit à ces personnes, ce qui est leur droit », déclarait en 2016 Nicoló Vasile, un activiste italien qui soutient l’occupation. Le but de cette dernière était aussi, selon lui, de « faire comprendre au gouvernement local que ces personnes n’étaient pas seules et abandonnées, qu’elles étaient unies, qu’elles ont des droits et qu’elles les reprenaient ».

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Si les conditions de vie sont imparfaites et élémentaires, ces migrants ont aujourd’hui obtenu un semblant de vie normale, comme le montre le reportage photo publié par Reuters. Pour Nicoló Vasile, qui répare les objets défectueux ici et là, cette occupation est devenue un « symbole pour les manifestations des migrants et des réfugiés dans la ville ».

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Un véritable village

Escaliers, placards… À l’intérieur de ces quatre bâtiments, presque chaque espace disponible devient un endroit où dormir. Dans l’un d’entre eux, prévu pour accueillir 100 athlètes durant les JO 2006, ils sont plus de 500. Mais ce squat n’est pas seulement un endroit où dormir. Restaurant sénégalais, barbier, petits magasins… l’occupation Ex Moi, nommée ainsi d’après l’ancien marché de fruits qui était le principal site de la région, semble être devenue un véritable village.

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Certains espaces sont utilisés pour travailler sur un CV et chercher du boulot. D’autres pour stocker les vêtements donnés. Les migrants reçoivent la visite d’un médecin une fois par semaine et peuvent également suivre des cours d’italien ou d’anglais. « Beaucoup de migrants ont réussi à se construire une nouvelle vie, grâce à cette occupation », explique Nicoló Vasile au journal britannique.

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