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Yémen : Quand les enfants racontent la guerre oubliée [VIDEO]

Yémen : Les enfants et la guerre, de Khadija al-Salami. | © Envoyé Spécial - France Télévisions

Société

Diffusé ce jeudi 8 février sur France 2, un film exceptionnel raconte la guerre au Yémen à travers des yeux d’enfants.

 

Les images sont rares. Autant que le sont les occasions de filmer l’horrible théâtre de la guerre qui ravage le Yémen. Trois ans de conflit, 10 000 civils morts dans l’indifférence générale, une situation qualifiée de « pire crise humanitaire du monde » par l’ONU. Puisqu’on nous la cache, la réalisatrice Khadija al-Salami a voulu nous la montrer et mettre en lumière la souffrance humaine provoquée par cette guerre, à travers le regard pur et innocent des enfants.

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Génération sacrifiée

Dans son film Yémen : les enfants et la guerre diffusé ce jeudi 8 janvier dans l’émission « Envoyé Spécial » sur France 2, Khadija al-Salami confie sa caméra à Ahmed, Rima et Youssef qui – âgés de 8 à 11 ans – décrivent leur quotidien au rythme des bombardements de l’aviation saoudienne. Parce qu’ils sont les victimes les plus vulnérables de ce conflit interminable, leur témoignage est brut en sincérité. Dans un entretien accordé au Point, la réalisatrice yéménite explique : « Au-delà des questions géopolitiques, il était nécessaire de mettre en avant les souffrances humaines provoquées par cette guerre. Et les enfants en témoignent très bien. Ils peuvent poser simplement n’importe quelle question, sans risquer de déranger. L’un d’eux a, par exemple, demandé à un autre comment les corps de ses parents avaient été dispersés par les bombardements… »

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Dans les rues de Sanaa, ils interrogent leurs camarades d’école, vont à la rencontre d’enfants blessés et d’orphelins à l’hôpital. Aux adultes, ils ne demandent qu’une chose : faire pression sur les seuls qu’ils estiment en mesure de stopper cette guerre : les pays de l’Union européenne. « Ces enfants sont allés eux-mêmes à la rencontre des Yéménites et leur ont demandé ce qu’ils désiraient. Je leur ai simplement expliqué ce qu’était l’Union européenne, car ils étaient désireux de savoir si les Occidentaux pouvaient les aider. Ils avaient foi en eux », explique Khadija al-Salami dans les colonnes du Point.

La violence au quotidien

En faisant un choix de réalisation hors du cadre géopolitique, Khadija al-Salami fait défiler des images dénuées de violence, pourtant à travers le regard d’une « génération sacrifiée qui n’a vu et connu que la violence ». Elle évoque également le sort tragique des enfants-soldats « présents dans les deux camps, chez les houthis ou dans la coalition ». « Dès que vous arrivez au Yémen, vous êtes frappé par le nombre d’enfants qui portent des armes », souligne-t-elle.

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