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Attentats de Bruxelles : Une histoire qui veut déminer les bombes

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Le témoignage de Walter Benjamin nous rappelle l’horreur des attentats perpétrés le 22 mars 2016 à Bruxelles. Mais il nous parle surtout d’amitié et de vivre ensemble.

 

Il est 8 heures, le 22 mars 2016. Walter Benjamin fait la file avec d’autres passagers qui attendent l’embarquement pour le vol Bruxelles National-Tel Aviv. Une bombe explose. Walter vient de perdre la jambe droite. Les secours sont lents. Il se vide de son sang pendant de très longues minutes. Walter a de la chance. L’homme qui se trouvait derrière lui n’est plus qu’un corps sans tête. Grâce à Hassan Has, un employé de l’aéroport, Walter reste éveillé. Il se bat, survit.

Près d’un an plus tard, rien n’a changé. Walter doit toujours se battre pour survivre. Sa colère à l’égard du gouvernement belge relativement à l’aide insuffisante accordée aux victimes des attentats est énorme. Mais cela ne l’empêche de chercher une résilience, de tenir des paroles d’ouverture et de paix. De confession juive, il s’est fait de nouveaux amis musulmans, des frères. Il dit notamment : « Je dois la vie à un musulman ! (Après l’explosion) Quand j’ai appelé ma mère, Hassan a entendu le mot “Israël”. Il aurait pu ne pas m’aider. Dans les jours qui ont suivi, il est venu tous les jours à l’hôpital avec sa femme voilée qui m’apportait des repas. On est devenu comme une famille ». Oussama, un jeune de la commune de Molenbeek qui lui a rendu de nombreuses visites à l’hôpital, a noué lui aussi un contact étroit avec Walter Benjamin. En ces temps troublés, voici une histoire qui nourrit l’espoir. Une histoire qui veut déminer les bombes qui cherchent à créer la haine.

 

Le témoignage de Walter Benjamin a été initialement publié dans le Paris Match Belgique du 16 février 2017.

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