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La Belgique, une société qui étonne les jeunes étrangers invités au Parlement Jeunesse

Le thème abordé cette année est l’écologie | © Parlement Jeunesse Wallonie-Bruxelles

Société

Durant ces fêtes de carnaval, plusieurs délégations étrangères d’étudiants sont invitées en Belgique pour participer au Parlement Jeunesse. Pour certains, la société belge est l’occasion d’un véritable choc culturel.

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles profite des congés de carnaval pour confier les clés des hémicycles à l’ASBL Parlement Jeunesse. L’association y organise une simulation parlementaire dédiée aux jeunes de 17 à 26 ans. Aux côtés des jeunes Belges, quelques délégations venues des quatre coins du monde prennent part aux débats. Une expérience qui les place au cœur d’un système politique bien différent du leur.

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Cette année, des étudiants du Cambodge, de Tunisie, de Suisse et de Louisiane (États-Unis) sont de la partie. Une fois arrivés en Belgique, parfois sans préparation, le choc culturel semble inévitable : le plat pays a une manière toute particulière de traiter la démocratie, l’écologie ou encore sa famille royale.

Un pays démocratique, mais non moins « instable »

Pour Lauren Spann, d’origine américaine, « le système politique belge est totalement opposé au mien. Ce que je veux dire, c’est que la Belgique est plus sociale. Même si les hommes politiques belges n’ont pas les mêmes idéaux, ils se respectent et se comprennent. En Amérique, les partis sont moins affectés par les idées des autres. En Louisiane, par exemple, les hommes politiques sont très égocentriques ».

©Mailys Chavagne – Lauren Spann, États-Unis.

Certains avaient pourtant préparé le terrain. Andy Terrier, venu de Suisse, avait déjà quelques connaissances sur la Belgique : « En fait, je trouve que la Belgique et la Suisse sont assez similaires. Vous êtes divisés en Régions, nous sommes divisés en cantons. Bon après, c’est vrai que j’ai beaucoup d’a priori. On dit souvent que la Belgique n’a pas de gouvernement, qu’elle est instable. On sait que le système est compliqué ».

©Mailys Chavagne – Andy Terrier, Suisse.

Mais la démocratie belge semble, pour quelques-uns, un idéal politique. Yousra Kouki, Tunisienne, considère que le système est un avantage, notamment au niveau de la séparation des pouvoirs : « En Tunisie, il y a toujours des problèmes et des disputes au Parlement. Le parti du président est majoritaire, on est vraiment dans une dictature. Et notre opposition veut établir un système islamique alors que le peuple, lui, désire un État civil présidentiel parlementaire. En Belgique, le pouvoir est distribué entre différents partis. Le côté démocratique est vraiment bon ».

L’importance de la communication en Belgique détonne aussi, notamment au niveau de la liberté d’expression : « Elle est meilleure en Belgique. On peut dire ce qu’on veut. En Tunisie, si on dit quelque chose de mal sur notre président, on risque la prison », déclare Yousra Kouki. Au Cambodge, cependant, la situation s’améliore à ce niveau-là : « Au niveau de la liberté d’expression, la démocratie s’est améliorée depuis l’arrivée de Facebook. Grâce aux partages de contenus, le gouvernement ne peut plus fermer les yeux sur les mauvaises actions des ministres », explique Nitikar Nith.

©Mailys Chavagne – Yousra Kouki, Tunisie.

Mais pour Lauren Spann, la différence s’est davantage fait ressentir après l’arrivée de Donald Trump à la tête du pays : « Je ne savais pas qu’en Belgique, on était puni pour certains actes et paroles. En Amérique, on ne punit pas les gens pour ce qu’ils peuvent dire. Il suffit de regarder Donald Trump, qui est tristement célèbre pour ses commentaires racistes et sexistes, mais qui reste malgré tout au pouvoir ».

Nitikar Nith est Cambodgienne et a étudié à Paris durant quelques années avant de venir en Belgique, le choc culturel est donc moins important. Mais si une chose la surprend malgré son expérience en Europe, c’est bien la famille royale belge: « Chez nous, il y a quatre familles royales qui peuvent régner, on est dans une monarchie constitutionnelle. Tout le monde au Cambodge aime notre roi. Il est doux, et mignon aussi [petit rire]. Mais j’ai l’impression que chez vous, personne n’aime la famille royale. a me choque beaucoup ».

©Mailys Chavagne – Nitikar Nith, Cambodge.

« On n’est pas éduqués pour l’écologie. C’est un peu la honte du Cambodge »

En 2018, l’écologie est le thème qui guide les débats. Au sein du Parlement Jeunesse, le rôle de chacun est d’essayer de faire voter des décrets relativement radicaux : quand certains proposent d’interdire la consommation de viande, d’autres émettent l’idée d’abolir la propriété privée des voitures. Andy Terrier considère que : « les décrets ne sont pas du tout applicables. On essaie de les adapter à notre société ». Or, chacun envisage l’écologie selon sa propre culture.

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Pour Yousra Kouki, la plus grosse différence avec la Tunisie est la propreté des villes : « La protection de l’environnement semble importante en Belgique. Chez nous par contre, il y a des séparations sociales et les seules villes qui sont propres, ce sont les villes des riches. Dans les villes des plus pauvres, il y a des déchets partout ». Selon Nitikar Nith, la Cambodgienne, la situation est semblable chez elle : « J’adore la vie saine en Europe. Au Cambodge, il y a des déchets partout. On n’est pas éduqué pour l’écologie. C’est un peu la honte du Cambodge ».

Si les autres délégations s’étaient déjà déplacées en Belgique les années précédentes, le Cambodge s’invitait pour la première fois au Parlement Jeunesse. Un panel de nationalités qui s’agrandit donc, de quoi alimenter davantage les différences et échanges culturels.

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