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Basil, le « chien de thérapie » qui accompagne les personnes aux funérailles

© Flickr @Hilary Halliwell

Société

En Angleterre, un beagle aide certaines personnes à traverser les jours les plus difficiles de leur vie, en les accompagnant à des funérailles.

 

Basil de son petit nom, est ce qu’on appelle « un chien de thérapie » : c’est-à-dire un toutou qui aide à aller mieux, à lutter contre le stress. Car les chiens ne sont pas que des animaux de compagnie, mais de soutien également. Rachel Lehotkay, psychologue-zoothérapeute aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) explique« C’est le premier animal à avoir été domestiqué, au début c’était d’ailleurs plus pour l’affection que pour la chasse ».

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L’Institut Belge de Zoothérapie ajoute : « La zoothérapie, née avec Boris Levinson et son chien Jingles à la fin des années 1950, est une thérapie qui utilise la proximité d’un animal domestique afin d’augmenter le bien-être d’humains souffrant de troubles mentaux, physiques ou sociaux. Le contact à l’animal aide à améliorer leur qualité de vie ». En Belgique, l’ASBL Toscanzahoeve à Aarschot en Belgique forme même des chiens de thérapie. « C’est aussi pour les enfants atteints d’autisme, pour des personnes diabétiques, des personnes qui ont peur des animaux, qui ont peur de sortir, … Il y a beaucoup de manières de travailler avec les chiens. Nous travaillons avec des médecins, des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes et des psychologues » explique à la RTBF Anne Appeltans, thérapeute qui forme des chiens.

Basil le beagle. © clivepughfuneraldirectors.co.uk

En Angleterre, à Shrewsbury, Basil le beagle est un « chien de thérapie » de 7 ans dédié aux personnes endeuillées. Il est présenté aux familles des défunts lorsqu’elles viennent pour discuter des arrangements funéraires. Rosalinda Pugh, qui dirige l’entreprise des pompes funèbres Clive Pugh Funeral avec son mari, explique : « Nous le présentons comme un chien de réconfort. C’est à la famille de choisir si elle souhaite qu’il soit à leurs côtés ». Si elles acceptent, Basil les accompagne alors lors des préparatifs des funérailles, mais aussi lors du jour des funérailles. Et Basil n’est pas qu’une mignone présence, être aux côtés d’animaux de thérapie ou encore le simple fait de les caresser baisserait la tension artérielle, réduirait le stress, et favoriserait la libération de sérotonine (hormone dite du « bonheur ») et d’ocytocine (hormone dite de « l’amour »). « Les Beagles sont des chiens aimants et attentionnés » dit Rosalinda. Et comme les beagles sont des chiens de meute, ils ont l’habitude d’être avec d’autres chiens : « Basil adore avoir de l’attention. C’est vraiment un job parfait pour lui et il y excelle. Les enfants en particulier l’aiment beaucoup (…) Basil met tout le monde à l’aise. Son instinct est de réconforter les autres. Quand les gens viennent ici et organisent les funérailles, leur esprit est souvent ailleurs. Basil perçoit tout. Je pense que cela peut briser la glace si vous avez autre chaque sur quoi vous concentrer, même si cela n’est que pour quelques minutes ».

Basil, le chien « qui transforme la tristesse en un sourire ». © clivepughfuneraldirectors.co.uk

Julia Coates a choisi de faire appel à Basil pour l’accompagner lors de la préparation des funérailles de sa mère : « Il est juste venu vers moi quand j’ai franchi la porte. C’était très apaisant. C’est un chien adorable et heureux. Il semblait être tout ce dont j’avais besoin (…) Cela peut paraître étrange, mais j’ai vraiment aimé venir ici ». Elle explique également que la présence de Basil a aidé ses deux jeunes nièces lors de la cérémonie religieuse. Dernièrement, Basil a assisté à une cérémonie funéraire pour Edna Bottomley, décédée à l’âge de 93 ans. Il portait un bandana noir et était près du cercueil avec Rosalinda, qui le surveillait. La fille d’Edna, Carol Marshall-Broom, a déclaré: « Maman était une vraie amoureuse des animaux. Si elle avait rencontré Basil, elle l’aurait adoré ».

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« Quand on a perdu un être cher, on a parfois l’impression que rien ne peut nous faire nous sentir mieux (…) Jusqu’à ce qu’un chien de thérapie nous fasse un câlin. Nous espérons que pour ceux qui ont du chagrin, avoir un Basil près d’eux leur redonnera le sourire, ne serait-ce que pour un court moment » conclut Rosalinda.

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