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Aux États-Unis, les malades mentaux peuvent acheter des armes à feu

La fusillade est en Floride est la 18e en milieu scolaire cette année. | © IMAGO

Société

Il y a près d’un an, Donald Trump signait une loi réautorisant les personnes atteintes de maladie mentale de se procurer des armes. Aujourd’hui, il qualifie Nikolas Cruz de « déséquilibré ». Mais continue d’esquiver le débat sur le port d’armes aux États-Unis. 

La fusillade survenue cette semaine dans un lycée en Floride est la 18e tuerie en milieu scolaire depuis le début de l’année. C’est aussi la plus meurtrière depuis celle de l’école primaire de Sandy Hook, où vingt enfants et six adultes avaient perdu la vie, en 2012. De nombreuses questions gravitent encore sur Nikolas Cruz, ancien élève de l’établissement et auteur du massacre, qui est allé manger au McDonald’s après avoir tué 17 personnes. Sa fascination pour les armes, ses attitudes menaçantes, son renvoi pour raisons disciplinaires… Le jeune homme âgé de 19 ans est passé à travers les radars. En septembre dernier, un de ses commentaires sur Youtube avait été signalé au FBI. « Je vais devenir tireur professionnel dans les écoles », avait-il écrit.

Au lendemain de la sanglante attaque, le président américain a qualifié Nikolas Cruz de « déséquilibré » sur le réseau social Twitter.« Tant de signes que le tireur de Floride était un déséquilibré mental, même viré de l’école pour son mauvais comportement erratique. Les voisins et ses camarades de classe savaient qu’il représentait un gros problème. Toujours les signaler aux autorités encore et encore!« , a-t-il tweeté jeudi matin.

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Un commentaire pour le moins étrange, note ABC News, alors que c’est Donald Trump lui-même qui a permis aux malades mentaux de se procurer des armes à faux. En effet, peu après son arrivée à la Maison Blanche, l’ex magnat de l’immobilier était revenu sur une mesure adoptée par Barack Obama, qui avait voulu durcir la législation sur l’accès aux armes. Adopté en décembre 2016, le texte obligeait la sécurité sociale à signaler les personnes recevant des indemnités pour maladie mentale à l’agence nationale qui valide les achats d’armes à feu. Le revirement de Donald Trump concernait 75 000 personnes.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump pointe du doigt la santé mentale des tueurs de masse. En novembre, c’était aussi elle la responsable de la fusillade dans une église de Sutherland Springs, au Texas. 26 personnes avaient été tuées. « La santé mentale est le problème ici. Ce n’est pas un problème lié aux armes », avait-il alors déclaré.

Des milliers de personnes échappent aux contrôles

Ce retour en arrière ne signifie toutefois pas que n’importe qui peut s’acheter une arme. En théorie, les personnes ayant séjourné en hôpital psychiatrique n’ont pas ce droit. Celles ayant été jugées « incompétentes » par un tribunal, non plus. Cependant, chaque État n’est pas tenu de transmettre l’information au FBI. Reste encore tous ceux qui échappent aux contrôles, lors de ventes privées dans les salons, sur Internet ou entre particuliers. Résultat : chaque année, des dizaines de milliers de personnes achètent une arme en toute légalité, alors qu’elles n’auraient pas dû être autorisées. C’était notamment le cas de l’auteur de la tuerie de Virgnia Tech, en 2007.

 

 

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