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Louis-Philippe Loncke, l’aventurier belge et européen de l’année

Quand il n'explore pas le monde en solo, Louis-Philippe Loncke travaille dans l'informatique. Mais son vrai métier, selon ce grand voyageur, c'est l'aventure ! | © Louis-Philippe Loncke

Société

C’est un « Belge du bout du monde » et depuis peu, il s’est vu décerner le prix d’aventurier européen de l’année. Louis-Philippe Loncke raconte sa fierté, ses plus beaux voyages et celui où il a failli perdre la vie – plus d’une fois.

Des plus hauts sommets aux tréfonds des mers, les moindres recoins de notre planète semblent avoir été foulés par l’Homme – et d’autant plus depuis la démocratisation des longs courriers à travers le monde. Cela n’empêche certains de continuer à voir chaque voyage comme une potentielle aventure unique. Comme Louis-Philippe Loncke.

Ce véritable explorateur belge vient tout juste de remporter le prix de l’aventurier européen de l’année, décerné par un jury international de rédacteurs en chef de magazines outdoor et de globe-trotteurs de l’extrême – dont la première femme au monde à avoir grimpé l’Everest sur ses deux versants.


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L’aventurier confie, non sans humour : « C’est comme le ballon d’or, il n’y en a qu’un par an, et c’est tombé sur un Belge ! » Après avoir remis un dossier au concours, il a été sélectionné avec cinq autres finalistes, avant de gagner le prix. « Ça représente une belle reconnaissance, celle d’un jury international d’aventuriers », a-t-il réagit après l’annonce.

Le défi qui l’a vu récompensé ? Trois treks extrêmes, à travers autant de déserts, en moins d’un an – une première mondiale. En 2015, il a ainsi ajouté à son palmarès déjà impressionnant la Vallée de la Mort californienne et les déserts de sel de Bolivie. Seul, comme souvent durant ses aventures, Louis-Philippe Loncke a accompli ces véritables performances sans aucune assistance : ni véhicule de surveillance ni ravitaillement n’étaient prévus sur sa route

©Louis-Philippe Loncke – La « charette » de Louis-Philippe, lors de l’un de ses voyages en Australie.

Pour l’un de ces périples, Louis-Philippe a voulu pousser la difficulté – et la douleur – encore plus loin, en voulant découvrir quelle était la distance qu’il était capable de parcourir à pied, en autonomie complète, avec un simple sac à dos. « J’ai fait 300 kilomètres à pied en douze jours, en portant 61 kilos au départ sur le dos : le poids d’une demoiselle de taille moyenne. Ensuite, on enlève environ quatre litres d’eau et 500 grammes de nourriture par jour », se souvient-il, plein d’enthousiasme.

Trois années sabatiques, ce n’est pas l’idéal pour faire une belle carrière !

« Quand je me présente aux gens, c’est souvent comme explorateur, car aujourd’hui, c’est plus qu’une passion pour moi », explique avec passion celui qui a déjà donné deux conférences TedX. Mais quand il n’est pas en voyage, l’explorateur belge est ingénieur informaticien. Ses aventures, il les prépare le soir, après sa journée de travail, avouant passer 100 à 120 heures à la tâche, entre ses « deux boulots ». « En 2013, j’ai fait quatre expéditions sur une dizaine de mois et là, j’ai pris une année sabatique. J’ai déjà pris au total trois années sabatiques : ce n’est pas l’idéal pour faire une belle carrière ! »

©Louis-Philippe Loncke – L’aventure la plus extrême de ce grand voyageur ? La Tasmanie, incontestablement.

Si l’expédition qui l’a fait connaitre dans le monde des aventuriers est celle du désert australien de Simpson – qui fait six fois la Belgique -, l’un de ses plus beaux voyages reste cette expérience en duo autour du lac Titicaca, en 2013 : « Avec un Péruvien, on a réalisé les premières photos « street view » autour du lac. Ça, c’était le côté scientifique. Mais il y a aussi eu un côté aventure, puisqu’une bonne partie du lac n’avait jamais été vu, à cause de certaines falaises », raconte Louis-Philippe.

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Mais la pire de ses aventures, après l’Islande où il s’était sérieusement blessé le tibia sur de la roche de lave, c’est celle de la Tasmanie : « J’ai failli mourir six ou sept fois en sept semaines de trek. J’ai été emporté par des rapides, je suis tombé d’une falaise – mais je suis miraculeusement tombé dans un buisson – et j’ai perdu douze kilos. Je suis revenu très affaibli de la jungle, comme dans le film Into the Wild, qui sortait à la même époque. Mais ça m’a donné une force mentale incroyable ».

Avec lui dans chaque voyage, un petit couteau suisse. Le seul objet qui l’ait suivi dans toutes ses expéditions devrait également être de la partie, lors de son prochain défi. « Je prépare un challenge, pour lequel je traverserai la Belgique de son point le plus haut à son point le plus bas, à vélo pliable : ça fait quand même 350 kilomètres de la mer jusqu’au signal de Botrange. Le but est de promouvoir la mobilité douce », confie celui qui n’a pas fini de parcourir le monde, toujours plus loin – et parfois si près.

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