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Les jeunes « sextent » de plus en plus

Les plus jeunes sont vulnérables aux sextos sans consentement. | © Pexels

Société

L’échange de sextos chez les jeunes a augmenté au cours de la dernière décennie. Selon une étude, un jeune sur quatre affirme avoir déjà reçu un message à caractère sexuel.

« Message reçu hier à 23h34… » Le sexting, c’est l’acte d’envoyer électroniquement des textes, vidéos ou photographies sexuellement explicites. Et selon une étude récemment publiée par la revue médicale Jama Pediatrics, cette tendance est en constante augmentation cette dernière décennie chez les jeunes entre 11 et 18 ans.

Environ 15% des adolescents interrogés lors de l’étude disent avoir partagé du contenu sexuel – des photos ou des vidéos d’eux-mêmes – sur Internet ou par téléphone. Et 27% de ces jeunes, soit près du double, déclarent avoir reçu un sexto. Mais ces chiffres ne sont pas anodins : cette augmentation d’échanges de messages à caractère sexuel pourrait bien être liée à un accès précoce, chez les jeunes, aux smartphones.

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Exploration sexuelle

Les chercheurs ont découvert qu’en grandissant, les adolescents étaient de plus en plus nombreux à envoyer et recevoir des sextos. Cela s’explique notamment par l’entrée dans la période de découverte de soi-même, de son corps, mais aussi de la sexualité : c’est l’âge de l’identité sexuelle et de l’exploration. Selon eux, le sexting ne serait alors qu’une nouvelle expression du développement sexuel chez les adolescents.

Aujourd’hui, c’est surtout l’accès aux technologies portables, comme le smartphone, qui encourage et facilite l’envoi de sextos chez les jeunes adultes. Les chercheurs ont constaté qu’en général, le téléphone portable est toujours préféré à l’ordinateur, car il est plus facilement transportable et qu’il permet une communication immédiate, rapide, mais surtout « privée ».

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Pas de consentement chez les plus jeunes

Si le sexting est considéré comme « normal » chez les jeunes adultes, la tendance chez les plus jeunes peut faire peur. D’après l’étude, « les relations entre adolescents sont souvent courtes, transitoires, ce qui rend ces plus jeunes enfants vulnérables à l’envoi de sextos sans consentement ». Un enfant sur huit déclare en effet avoir reçu un sexto sans le consentement de l’expéditeur d’origine et/ou du destinataire. Les pré-adolescents, plus sensibles et naïfs, peuvent être particulièrement vulnérables à la sextorsion, pratique qui consiste à faire du chantage avec des images de corps nu ou des vidéos à caractère sexuel prises à l’insu de l’adolescent.

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Dans des propos rapportés par CNN, Sheri Madigan, co-autrice de l’étude, explique que les parents doivent faire de la prévention auprès de leurs enfants pour éviter que ce type de situation n’arrive. « C’est pourquoi ces concepts de sûreté et de sécurité numériques sont si importants : parce que nous savons que cela arrive, nous savons que les sextos sont transmis sans consentement, donc si les parents discutent de sexting avec leurs adolescents, ils peuvent aussi parler des risques potentiels », déclare-t-elle.

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