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À force de clavier, les enfants ne savent plus comment tenir un stylo

En cause, l'utilisation excessive des tablettes et des iPad. | © Flickr : Jamie

Société

Plusieurs psychiatres britanniques s’inquiètent de l’incapacité grandissante des enfants à tenir correctement un crayon.

 

L’annonce n’est pas nouvelle. Demain, nos jeunes pourraient bien être incapables d’écrire à la plume. Mais si certains pays, comme les États-Unis ou la Finlande, s’en soucient peu et continuent d’encourager l’écriture sur clavier, d’autres s’inquiètent toujours du sort de l’écriture manuscrite de moins en moins sollicitée.

Force et dextérité

Dans les colonnes du Guardian, plusieurs psychiatres britanniques s’inquiètent de l’incapacité grandissante des enfants à tenir correctement un crayon. « Les enfants ont de plus en plus de mal à tenir des stylos et des crayons à cause d’une utilisation excessive de la technologie », mettent-ils en garde. Ils expliquent notamment comment une sur-utilisation des téléphones à écran tactile et des tablettes empêche les muscles de la main de se développer suffisamment pour leur permettre de tenir correctement un crayon, disent-ils.

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« Les enfants n’entrent pas à l’école avec la force et la dextérité qu’ils avaient il y a dix ans », déclare Sally Payne, ergothérapeute en chef de la Fondation Heart of England NHS Trust. « Les écoliers reçoivent un crayon mais ne sont plus en mesure de le tenir car ils n’ont pas les compétences fondamentales en mouvement », poursuit-il. Car pour pouvoir saisir un crayon et le déplacer, il faut apprendre à maîtriser les tendons des doigts. Or, « les enfants ont besoin de beaucoup d’opportunités pour développer ces compétences ».

© The Guardian

La technologie, mais pas que

C’est que les règles ont indubitablement changé, tant sur les bancs de l’école qu’à la maison. « Il est plus facile de donner un iPad à un enfant que de l’encourager à faire des exercices de musculation tels que des blocs de construction, du coupage/collage ou autres jeux de cordes », estime Sally Payne. Pour certains, le développement de l’écriture apparaît donc trop tardivement en raison de l’utilisation privilégiée des technologies actuelles. D’autant que « l’écriture est très individuelle dans la façon dont elle se développe chez chaque enfant », ajoute Mellissa Prunty, vice-président de la National Handwriting Association, qui dirige une clinique de recherche à l’Université Brunel de Londres.

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En Belgique, le constat est le même : les enfants et adolescents écrivent moins facilement qu’avant. Selon une étude de 2007, 30% des élèves belges auraient des problèmes d’écriture et 10% aurait besoin d’une aide extérieure pour renouer avec l’apprentissage de celle-ci, rapportez en avril dernier nos confrères de La Libre Belgique. En cause, les nouvelles technologies certes. Mais également le manque de bricolage de la part des enfants et l’absence d’une réelle formation chez les enseignants. Mais contrairement à nos voisins finlandais ou américains, l’écriture manuscrite n’est pas prête de devenir facultative ni même bannie de l’enseignement belge. Même si le scénario reste toujours envisageable…

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