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Stéphane Moreau, « dévoré de l’intérieur » par sa double vie

Stéphane Moreau avait décidé de quitter sa fonction à Ans fin janvier. | © Belga

Société

Dans une interview à L’Echo, la première depuis le début du « publifingate », Stéphane Moreau est revenu sur une vie qu’il dit avoir été consacrée toute entière au travail et sur le montant de son salaire, jamais dévoilé auparavant.

L’entretien débute par une question toute simple, mais risquée : « Croyez-vous être en mesure de ne pas mentir durant cet entretien ? » Stéphane Moreau entame alors le grand déballage, le seul depuis son incrimination dans l’affaire de la rentrée, le scandale Publifin. « Ce que j’ai vécu, quelles que soient les raisons qui ont provoqué cette déferlante médiatique, est d’une violence inouïe. Il me faudra du temps pour m’en remettre », confie-t-il au micro de l’Echo.

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Il revient alors, de nombreuses fois, sur sa vie intense partagée entre un mandat mayoral à Ans et un poste de CEO chez Nethys, responsable depuis peu d’un épuisement. « Aujourd’hui, à 52 ans, je peux dire que ce double investissement simultané a fait que j’ai tout sacrifié. Je n’ai eu aucune vie privée depuis 30 ans. Je n’ai rien connu de ce qui fait un adulte dit « dans la norme » », explique Moreau.

On est pris dans une course, certes passionnante, mais qui dévore de l’intérieur.

Victime d’un malaise cardiaque à la mi-janvier, Stéphane Moreau s’était très peu exprimé au cours des dernières semaines. « Je n’éprouve pas l’intérêt de parler de moi, de me mettre en avant. Sincèrement, je suis quelqu’un de discret par nature. Ce n’est ni de la prétention ni de l’arrogance », peut-on lire. Dans l’entretien accordé à L’Echo, il défend son choix de mener durant des décennies ce « double investissement » du mandat politique et de sa fonction managériale, cette « course folle » à laquelle il a « tout sacrifié ». « Longtemps je n’en ai pas souffert parce que je suis quelqu’un de passionné et d’entier, même si j’ai énormément de défauts par ailleurs. Je travaillais du lundi matin au dimanche soir et j’étais entièrement pris dans ce travail », déclare l’ex-politique, qui vit aujourd’hui chez des amis.

©Belga – Stéphane Moreau est toujours CEO de Nethys.

Au cœur du scandale, il avait décidé de mettre la pédale douce et de quitter son poste de bourgmestre d’Ans : « Le monde économique, même prenant, permet d’avoir une vie privée par ailleurs, et permet de se ressourcer. Le cumul avec la vie politique, même locale, demande de tout sacrifier », dit-il à l’Écho, avant d’avoue qu’il n’aurait probablement pas « eu le courage de couper […] le cordon » lui-même s’il n’avait pas été victime d’un arrêt cardiaque le mois dernier.

Stéphane Moreau semble aspirer désormais à plus de tranquilité et de temps libre, dont il profitera dans les limites de son « mode de vie frugal ». « Je vis très simplement », confesse-t-il à L’Écho, avant de donner le montant de son salaire : « Je gagne 593 000 euros brut par an de rémunérations fixes comme indépendant et j’ai également un incentive éventuel en fonction de la réalisation ou non des objectifs de la société […] Cela correspond à une charge de salarié de 440 000 euros annuels brut. C’est une rémunération qui est similaire à ce qui se pratique dans d’autres entreprises publiques plus petites que la nôtre ».

Avec Belga

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