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En Afrique, des cantines contre l’absentéisme à l’école

Des repas scolaires pour nourrir le corps et l'esprit. | © Anne Sophie GERALD/PAM

Société

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a trouvé une solution pour améliorer la scolarisation des enfants en Afrique de l’Ouest : ouvrir des cantines. 

En Afrique de l’Ouest, manger à sa faim ne se refuse pas. Le Programme alimentaire mondial l’a bien compris, c’est pourquoi il a eu l’idée il y a plusieurs années de proposer des repas gratuits pour lutter contre l’absentéisme et donc, améliorer la scolarisation. Pour le directeur général du programme Abdou Dieng, c’est une opportunité où chacun en sort gagnant. « Les enfants profitent de repas sains qui les rendent plus susceptibles de rester à l’école et d’apprendre pour un avenir meilleur alors que des emplois sont créés et que des entreprises se développent », a-t-il déclaré selon France Info.

Au nord de Brazzaville au Congo, les enfants de l’école Djiri Pont sont les premiers à reconnaître l’efficacité de ce programme. « Certains camarades ne viennent que parce qu’il y a du riz. Dès que ça manque, ils ne viennent pas en cours », confie Marina au journaliste de Voice of Africa, avant d’ajouter : « C’est vrai, ces repas nous permettent de beaucoup étudier ». Au total, le PAM offre cette alimentation scolaire dans une quarantaine de pays africains.

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Nourriture locale

Pas question de proposer une cuisine occidentale. Le tout est de miser sur ce que l’enfant connaît, le « comme à la maison ». Le programme s’appuie donc sur des plats et des ingrédients locaux, souligne France Info, avec des produits provenant des petits agriculteurs et des entreprises de la communauté. L’argent retombe ainsi dans l’économie locale et crée de l’emploi.

cantine afrique
En 2014, l’ambassadeur contre la faim du PAM s’est rendu en Côte-d’Ivoire pour rappeler les bénéfices d’une bonne nutrition dans la vie des jeunes enfants. Il a partagé un repas composé de riz et de légumes avec les enfants de l’école Nanan. © PAM/Thierry Gouegnon

La preuve au Burkina Faso. Grâce à l’introduction du yaourt à la cantine, un groupe de femmes, qui collecte le lait, a pu créer une usine de transformation pour fabriquer le produit laitier. Ce dernier est ensuite livré dans les écoles par des jeunes en motocyclette.

Appel aux gouvernements

Le directeur de l’enseignement élémentaire du Congo, Pierre Ngouala, est aussi un adepte du concept. « Les cantines scolaires permettent de retenir les enfants à l’école, et là où nous avons réussi à placer les cantines scolaires, les choses se sont sérieusement améliorées, politiquement et pédagogiquement ».

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L’objectif de 2018 ? Nourrir 2,7 millions d’enfants africains. Pour mener à bien cette opération, le PAM a besoin de récolter 60 millions de dollars. Faute de quoi, « le programme échouera, laissant de nombreux étudiants vulnérables affamés et risquant d’abandonner l’école », explique l’organisation dans un communiqué.

Le PAM demande ainsi aux gouvernements d’investir davantage dans l’alimentation scolaire. Certains montrent déjà un intérêt important comme le Bénin qui a alloué 47 millions de dollars pour nourrir 400 000 enfants sur une période de cinq ans. « Nous félicitons le gouvernement du Bénin d’avoir fait preuve de leadership en investissant dans sa future génération. C’est un modèle que les autres gouvernements de la région devraient suivre ».

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