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Le groupe Blanchart ne modifiera pas l’identité des Brasseries Georges

« On ne peut pas parler d'un échec de la part du restaurant, qui est très rentable » | © Capture d'écran/google maps

Société

Une dizaine de jours après l’annonce de la faillite des Brasseries Georges, le groupe Blanchart reprend les rênes du restaurant, une institution bruxelloise qu’il ne compte pas transformer.

La nouvelle est tombée hier soir : sur les treize candidats qui voulaient reprendre les célèbres Brasseries Georges, c’est le groupe Blanchart qui prend la main et remporte la mise. Celui-ci est déjà le propriétaire de L’Amusoir et le Stamp à Waterloo, La maison basse à Lasne, ainsi que le Spirito et le Mirano à Bruxelles. Jérôme Blanchart, l’un des dirigeants, voit dans cette reprise un moyen d’« optimiser le reste des affaires du groupe ». Mais si l’entreprise familiale a bien l’intention de tabler à l’avenir sur cette nouvelle acquisition, elle ne compte pas pour autant changer l’identité de cette institution bruxelloise.

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« La propriétaire voulait que cette entité reste identique à ce qu’elle a toujours été. En reprenant les Brasseries Georges, on fait en quelque sorte un retour aux sources. Rien ne va changer », explique Jérôme Blanchart. Depuis de nombreuses années, les Brasseries Georges ont une renommée dans le milieu de la restauration. Situées en bordure du bois de la Cambre, « les Brasseries Georges sont un joyau du patrimoine bruxellois », déclare son fondateur, Georges Neefs.

On ne change pas une équipe qui gagne

C’est surtout l’émotion qui encourage les frères Blanchart à préserver l’identité du restaurant. Pour la curatrice, Sophie Huart, le maintien du personnel était la condition pour que le groupe puisse reprendre les Brasseries Georges. Une condition qui semble satisfaire aux besoins des deux frères, qui ont bien l’intention de remettre les cuisiniers au travail d’ici le 14 mars prochain : « Aujourd’hui, on a repris un actif social conséquent, il nous faut donc une dizaine de jours seulement pour tout remettre en route ».

Les Brasseries Georges fonctionnaient très bien au moment de leur fermeture. Il n’y a donc pas de raison d’avoir peur et de garder les fourneaux éteints plus longtemps.

Et même si l’entreprise a fait faillite, cette situation ne fait pas peur aux frères Blanchart. Car la qualité des produits et du service n’ont pas été remises en cause et le prestige des Brasseries Georges demeure bien réel : « Il faut savoir que le restaurant a été fermé par l’administration judiciaire. Mais les Brasseries Georges fonctionnaient très bien au moment de leur fermeture. Il n’y a donc pas de raison d’avoir peur et de garder les fourneaux éteints plus longtemps », explique Jérôme Blanchart.

Pour lui, les Brasseries Georges sont loin d’être endettées. Au contraire, il s’agirait d’une affaire très rentable : « On ne peut pas parler d’un échec de la part du restaurant. C’est plutôt au niveau de la gestion et de la comptabilité qu’il y a eu des soucis. C’est ce qui a mené à la perte du restaurant ».

La carte reste la même

Même au niveau du menu proposé, rien ne va être modifié dans un premier temps : « On ouvre le restaurant pour qu’il soit dans le même état qu’au moment où il a fermé ». Une carte composée majoritairement de plats typiques qu’on retrouve dans les brasseries parisiennes. On peut notamment penser au fameux filet américain, ou encore à la choucroute garnie. Un moyen de renouer les liens avec la clientèle historique et permettre aux frères Blanchart de réfléchir au futur du restaurant.

©Brasseries Georges – Une partie du menu

Le poids d’une histoire

Et ce n’est pas la première fois que le groupe Blanchart jette un coup d’oeil du côté des Brasseries Georges. Déjà en 2013, lorsque le créateur du restaurant, Georges Neefs, décide de prendre sa retraite, les Blanchart montrent leur intérêt pour cette institution bruxelloise.

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Mais Thierry Blanchart, dirigeant du groupe, ne saute finalement pas sur l’occasion et renonce à racheter le restaurant : « À l’époque, mon père était intéressé par le restaurant car il présente les mêmes valeurs que celles de notre entreprise familiale, notamment au niveau de la gestion. Mais à ce moment-là, on nous annonce que le bail n’allait pas être renouvelé. Et cela posait donc problème », explique le fils, Jérôme. Le renouvelement d’un bail est en effet un enjeu de taille dans le domaine de l’Horeca, car il garantit la compétitivité et la durée de vie d’un restaurant : « Avec ce nouveau bail, mon frère et moi savons qu’on peut repartir sur un futur plus sûr ».

Un futur qu’ils espèrent rayonnant, mais qui peut pourtant être semé d’embûches : « Il y a cette crainte de reprendre le restaurant. Pas parce qu’il a fait faillite, au contraire. C’est l’histoire qui nous fait peur. C’est une institution magnifique, il faudra donc redoubler d’efforts pour maintenir la renommée des Brasseries Georges. C’est un véritable défi ».

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