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Filière libre dans le viseur du gouvernement pour la réforme du permis pratique

Formation obligatoire pour les guides en filière libre. | © Pexels

Société

Formation obligatoire et conduite sans guide, la filière libre va connaître quelques changements importants lors de la réforme wallonne du permis de conduire pratique.

Après s’être attaqué au permis théorique, le gouvernement modifie à présent quelques règles du permis pratique. Et c’est surtout la filière libre qui va connaître d’importantes révisions, une bonne et une mauvaise nouvelle pour les futurs conducteurs qui ne désirent pas passer par l’auto-école.

Mais pas de panique, ces changements ne sont pas pour autant le signe d’une disparition future de la filière. Selon Marie Minet, porte-parole du Ministre en charge de la sécurité routière, Carlo Di Antonio, « le gouvernement n’a aucune volonté de supprimer la filière libre. Si on voulait le faire, on l’aurait fait maintenant, tout simplement. Au contraire, avec cette réforme, on donne les outils nécessaires pour assurer une meilleure préparation de l’examen pratique car la conduite n’est pas une faculté qui s’improvise ».

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Une formation pour les guides

Tous ceux qui accompagnent les aspirants conducteurs en filière libre devront suivre, dès l’été, une formation obligatoire. « Ce n’est pas du tout une volonté du gouvernement de garder un contrôle sur la filière libre. Il n’a d’ailleurs aucun intérêt à le faire » explique le cabinet du ministre Di Antonio. « C’est juste que les jeunes candidats sont ceux qui ont le plus de risque d’être impliqués dans des accidents mortels. Il faut donc s’assurer qu’ils aient un apprentissage de qualité ».

Une déclaration qu’affirme Belinda Demattia, porte-parole de l’Agence wallonne de la sécurité routière (AWSR) : « Ceux qui viennent d’avoir le permis ont trois fois plus de chance d’avoir un accident. Et s’il est vrai que l’éducation via la filière libre n’entraîne pas plus d’accidents de la route que l’enseignement via l’auto-école, il faut cependant donner tous les outils au guide pour s’assurer qu’il est capable de faire son travail ». 

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Apprendre à enseigner

Et si l’objectif de la filière libre est de permettre au candidat de conduire avec l’accompagnateur de son choix, il s’agirait d’un avantage pour le conducteur, mais aussi un inconvénient, selon Marie Minet. « le guide n’a plus forcément une connaissance parfaite de la route. Ce sont des choses qui s’oublient et c’est normal ». Mais pour Belinda Demattia, ce n’est pas une question de capacité ou d’oubli : « Ils ont plus d’expérience et de vécu sur la route que les moniteurs d’auto-école. Le but de la formation est de leur donner les clés au niveau pédagogique ».

Plus qu’une formation, il s’agirait donc plutôt d’un « rendez-vous pédagogique de trois heures » pour remettre les pendules à l’heure et donner des conseils aux guides pour leur apprendre à enseigner.

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Conduite en autodidacte

Bonne nouvelle pour les futurs chauffeurs : il sera désormais possible pour le candidat en filière libre de prendre la route seul, sans guide. Une décision qui peut sembler contradictoire dans la volonté du gouvernement de s’assurer d’une formation mieux encadrée. Mais selon Marie Minet, cette décision n’est pas anormale : « Le conducteur aura la possibilité de conduire seul mais seulement en fin de processus d’apprentissage. On est dans le perfectionnement. Mais ils devront d’abord passer un test et obtenir un certificat d’aptitudes ».

Qu’il s’agisse de rouler sur l’autoroute ou d’être en agglomération, c’est quand on est seul qu’on apprend le plus

Cette conduite en autodidacte est déjà d’application pour l’apprentissage via auto-école. À ce moment-là, c’est au moniteur de décider si la personne est apte ou non à rouler seule. Pour Belinda Demattia (AWSR), c’est très important d’être confronté à la circulation par soi-même : « Qu’il s’agisse de rouler sur l’autoroute ou d’être en agglomération, c’est quand on est seul qu’on apprend le plus ». Être sur le terrain permettrait à ces jeunes d’acquérir plus d’expériences. À condition, bien sûr, d’avoir au moins 18 ans.

D’autres réformes, publiées dans La DH ce mercredi matin, seront confirmés demain lors de la présentation du projet d’arrêté de Carlo Di Antonio au gouvernement.

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