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En Norvège, il existe une ville où la mort est illégale

Logique oblige, la commune limite son assistance aux personnes âgées, ne proposant ni home ni aucun centre de gériatrie. | © BELGA

Société

Depuis 1950, la ville de Longyearbyen interdit ses habitants de mourir sur place.

 

Chers citoyens de Longyearbyen, vous serez priés d’aller mourir ailleurs. Bienvenue dans la capitale de l’archipel de Svalbard situé au nord de la Norvège. Dans cette ville d’un peu plus de 2 000 habitants, on applique une loi des plus étranges : l’interdiction de mourir… sur place.

De la bonne décomposition des corps

Si la ville a fait le choix de bannir la grande faucheuse de ses frontières, c’est pour une simple raison climatique, explique un article du Daily Mail rapporté ce dimanche 11 mars par le site Slate. Sur cet archipel proche du Pôle Nord, les températures ne s’aventurent que rarement au-dessus du zéro degré, Longyearbyen étant la capitale la plus nordique de toute la planète. Un froid tellement polaire qu’il empêche la bonne décomposition des corps dans un sol gelé en permanence. Ainsi la ville interdit-elle à ses habitants – et ce depuis 1950 – de trépasser sur ses terres.

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« Au cours des années 2000, des scientifiques qui ont exhumé des cadavres de personnes décédées d’un virus grippal puissant en 1917 ont même retrouvé des particules de ce virus lors de leurs analyses », rapporte Slate. « La population de Longyearbyen ne se doutait pas qu’elle vivait en présence d’un virus mortel datant d’il y a un siècle ».

Longyearbyen est la capitale la plus nordique de toute la planète. © Belga

Subvenir à ses besoins

Logique oblige, la commune limite son assistance aux personnes âgées, ne proposant ni home ni aucun centre de gériatrie. « Les personnes en phase terminale sont automatiquement transférées jusqu’à Oslo », la capitale norvégienne située à 2 000 km de là. En plus d’interdire les décès, Longyearbyen interdit également les naissances. « En raison de l’absence d’hôpital, les femmes enceintes sont transférées sur le continent des semaines avant le terme annoncé de leur grossesse et elles ne reviennent dans la ville que des semaines après la naissance, une fois la santé de leur enfant stabilisée », poursuit Slate.

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Cette législation qui pourrait en choquer plus d’un ne s’arrête pourtant pas là. Au fil de temps, la municipalité a instaurer d’autres lois quelque peu loufoques, comme l’interdiction des chats sur le territoire (pour préserver les volatiles), le rationnement de l’alcool (pour lutter contre l’alcoolisme) ou encore l’obligation d’enlever ses souliers avant d’entrer dans un bâtiment. Sans compter la condamnation du chômage, les personnes sans emplois étant purement et simplement bannis du territoire. Une destination qui donne envie…

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