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Le spray nasal, une véritable drogue ?

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Société

Et si les sprays nasaux, médicaments anodins en vente libre, détruisaient en fait les voies respiratoires et provoquaient une véritable addiction ? Une enquête de Vice Belgique révèle la dangerosité du produit.

 

Se « pschitter » le nez, inspirer un bon coup, et tout à coup, se sentir mieux, respirer comme on ne l’avait jamais fait. Le rhume des foins, le début de l’hiver, le retour du printemps… tout devient alors prétexte à avoir constamment sur soi un spray nasal, sauveur portable des narines et des chakras bouchés… jusqu’à la dépendance totale. C’est le propos d’un article de Vice Belgique, qui alerte quant aux risques liés aux sprays nasaux, plus puissantsencore en Belgique que dans ses pays voisins.

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Le magazine a enquêté sur une dépendance qui cache son nom et son sérieux derrière un simple tube à renifler pour lutter contre un rhume. « Au départ, il ne se passe rien. Mais au bout de 25 secondes, tu ressens des colonnes d’air entrer dans tes narines. Franchement, c’était le kiff ! Je n’avais jamais respiré comme ça », explique Martin, un utilisateur, à Vice. Mais ensuite est apparue l’accoutumance, accompagnée d’une prise de plus en plus fréquente du produit. Puis, enfin, l’asservissement au spray, toujours à portée de main, dans une poche ou la table de nuit. « Il fallait toujours que j’en aie sur moi ».

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Selon le vice-président du synicat des ORL interrogé par Vice, le problème est sérieux, même s’il n’est pas reconnu comme une véritable dépendance par l’OMS. 10% de ses patients viennent le voir pour des troubles liés à une utilisation trop fréquente de sprays nasaux. Car au-delà de l’accoutumance, provoquée l’oxymetazoline, une composante qui débouche, puis rebouche les narines, le produit peut avoir des conséquences désagréables, voire graves, jusqu’à la perforation nasale.

Et comme les accros à la cigarette, c’est un sevrage graduel qui sauvera les nez dépendants. Comme traitement de substitution, mais plus encombrant qu’un patch anti-tabac, le magazine mentionne l’inhalation aux huiles essentielles. Plus naturelle, et sans aucun risque de dépendance.

Un spray contre le jeu

Ironie du sort, en janvier 2018, des chercheurs finlandais annonçaient avoir mis au point un spray nasal pour lutter contre l’addiction au jeu. Le produit, à se « pschitter » dans le nez à chaque montée de fièvre du jeu, contient du naloxone. Le composant est habituellement utilisé comme traitement d’urgence aux overdoses d’opiacés.

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©BELGA PHOTO SISKA GREMMELPREZ – Un médicament contre l’allergie au pollen.

« Jouer répond à un comportement très impulsif […]. Le besoin de jouer est immédiat, c’est pour cette raison que nous cherchons un médicament à effet rapide […] », expliquait à ce propos l’un des chercheurs à l’Institut national de la santé et du bien-être d’Helsinki. Un mal pour un bien, ou le contraire ?

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