Paris Match Belgique

La génération des babyboomers est la plus heureuse de Belgique

L'argent aussi fait le bonheur chez les grands-parents. | © Pexels

Société

De la stabilité financière aux relations sociales, la génération des plus de soixante ans serait la plus heureuse. C’est en tous cas ce que révèle une récente enquête sur le bonheur des Belges.

Dans le cadre d’une grande enquête nationale sur le bonheur, l’Université de Gand et la société d’assurance NN Group ont interrogé les Belges sur leur satisfaction dans la vie. Sur une échelle de 0 à 10, la vie a été mesurée de la pire à la meilleure possible. Ainsi, sur un échantillon de 1 600 Belges sélectionnés, plus d’un Belge sur trois a répondu qu’il était très heureux (avec un vote au-dessus de 8), contre un total de 28% des Belges qui disent ne pas être satisfaits de leur vie (avec une vote en dessous de 5). Mais ce qui ressort de l’enquête, c’est que le soleil brille davantage pour les seniors belges que pour la Génération X (entre 35 et 49 ans).

© Enquête nationale du Bonheur 2018 / NN.

Les chercheurs ont basé leur étude selon différents domaines tel que l’argent, les relations, l’activité, l’environnement et la santé. D’après le professeur Dr. Lieven Annemans, professeur en économie de la santé à la Faculté de Médecine de l’Université de Gand, si les papys et les mamys sont les plus épanouis, c’est parce qu’ils sont satisfaits dans nombre de ces domaines : « Les personnes de plus de soixante ans ont de meilleures conditions de logement, une meilleure santé et ont construit de meilleures relations ». Une stabilité qui reste essentielle au bonheur, même si « toutes les personnes âgées ne sont pas forcément heureuses », rappelle-t-il.

Les 3B

Pour évaluer le bonheur des citoyens belges, l’enquête s’est concentrée sur les « 3B » du bonheur, autrement appelés les « trois besoins » : le besoin d’autonomie, le besoin d’appartenance sociale et le besoin de compétence. Et là encore, les seniors réalisent un meilleur score.

Lire aussi > La ligue des optimistes belges ne veut que votre bonheur

Concernant l’autonomie, « les personnes âgées sont installées dans la vie », explique Sylvie Loumaye, psychologue sexologue. Contrairement aux jeunes qui traversent une période « durant laquelle on fait face à de nombreux soucis. Il y a le défi de satisfaire l’employeur, tout en étant un parent, ainsi qu’un conjoint… ». Un « Oh papy day » qui s’expliquerait donc par une plus grande liberté : « Aujourd’hui, la personne de soixante ans jouit plus souvent qu’auparavant d’une bonne santé tout en ayant une charge mentale familiale généralement moindre », poursuit Sylvie Loumaye. Des propos qu’approuve la coach de vie Cynthia Ghysels, qui considère que « les seniors sont plus indulgents et se focalisent sur ce qu’ils veulent vraiment dans la vie ».

Selon le professeur Annemans, « la solitude joue aussi un rôle important dans le bonheur ». Selon la croyance commune, les seniors sont souvent seuls et ne reçoivent que très rarement de la visite. Et pourtant, si 27% de la population de plus de septante ans souffre en effet de solitude, l’enquête dévoile que la génération des 30-40 ans pourrait être bien plus seule qu’on ne l’imagine. « Les jeunes générations ont le sentiment de devoir mettre un masque à l’extérieur », explique le professeur Annemans. « Chez les personnes âgées, tout est question de sélection sociale. Elles ont mieux choisi leurs relations ».

Money, money, money

On le sait, l’argent aussi fait le bonheur en Belgique. Surtout la bonne gestion des finances : « Ce qui nous rend heureux, c’est pouvoir avec une vue d’ensemble sur nos revenus et faire l’effort de l’administration financière. Et surtout, pouvoir consacrer son argent à ce qui est important pour nous », explique Sylvie Loumaye. Un système qu’ont bien compris les seniors, qui « se sentent plus satisfaits avec leurs situation financière », déclare Lieven Annemans.

Lire aussi > 1 Belge sur 3 préfère l’argent plutôt que l’amour

Pourtant, « si une vie sans soucis financiers procure stabilité et tranquillité, à partir de 2 500 euros, avoir plus d’argent ne fait plus le bonheur ». D’après le spécialiste, cela peut s’expliquer par le fait qu’avoir beaucoup d’argent, mais ne pas parvenir à en générer davantage peut créer une frustration… qui impacte sur le bien-être.

Ces chiffres sont le constat d’une première partie de l’Enquête nationale du Bonheur. En juin prochain, l’impact de l’enseignement et de l’éducation sur le bonheur des Belges seront notamment étudiés. « Les chiffres indiquent que les gens qui ont subi une forme de harcèlement dans leur jeunesse sont plus malheureux », a d’ores et déjà dévoilé le professeur Annemans.

CIM Internet