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En 1975, ces hommes assumaient les violences conjugales à la télévision

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Sans aucun problème. | © Capture d'écran

Société

France Info a fouillé dans les archives de la télévision pour comparer la vision des hommes à propos des violences conjugales, entre 1975 et 2018. 

« Avez-vous déjà battu votre femme ? », demande la journaliste au début de la vidéo publiée par France Info le 13 mars dernier. Nous sommes en 1975, dans les rues de Paris et les réponses des hommes interrogés lors de ce micro-trottoir sont édifiantes. « Des petites gifles, quatre fois rien », répond le premier un peu mal à l’aise. « Il y en a qui aiment être battues et il y en a qui ne sont pas battues parce qu’elles n’ont pas besoin d’être battues », lance le deuxième sans filtre. « Si je veux taper ma femme, je suis sûr qu’elle fera mieux l’amour », « Quand le dialogue n’est pas possible, à certaines femmes, il faut leur faire rentrer à coups de poing »… Il y a quarante ans, les hommes avouaient sans aucun problème les violences à l’encontre de leur femme.

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De l’histoire ancienne ?

Quarante ans plus tard, France Info a posé la même question aux hommes d’aujourd’hui, et les réponses sont bien différentes. « Jamais ! Ce n’est pas normal du tout d’en arriver à battre sa femme », « Mieux vaut en parler que de les frapper », « Non, non, ça ne se fait pas. Ça ne se fait plus à mon avis »… À l’exception de l’un d’entre eux, tous les hommes interrogés iront même jusqu’à dire que cette pratique est de l’histoire ancienne. Un point de vue qui est loin d’être partagé par les femmes à qui France Info a montré les images d’archives. « Il y en a autant maintenant, des [femmes] frappées », « Je ne suis pas certaine que cela ait changé », « Vous pourriez faire la même vidéo en changeant la date et vous auriez les mêmes réponses malheureusement ».

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Si la vision concernant ces violences conjugales a changé, dans les faits, les femmes (mais aussi les hommes) sont encore et toujours battues. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À Bruxelles, 2300 plaintes pour violences conjugales ont été déposées en 2016. En Wallonie, 15 000, soit 40 plaintes par jour. Mais ces données ne sont que la partie émergée de l’iceberg, puisque les actes de violence sont loin d’être toujours dénoncés et de nombreuses femmes restent des victimes silencieuses.

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