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Quand « Three Billboards » inspire des Belges écolos

L'inaction de la ministre flamande serait la preuve de sa culpabilité. | © Three Billboards / Blueprint Pictures

Société

Des activistes écolos ont interpellé la ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege, en dressant trois panneaux d’affichages inspirés du film oscarisé.

« Qu’est-ce que vous attendez, Joke ? », « Vous avez promis un plan de conservation de la forêt », « Depuis que vous êtes ministre, plus de 2 000 hectares de forêt ont été détruits ». Avec ces trois panneaux d’affichage directement inspirés de Three Billboards, l’organisation flamande BOS+ a voulu tirer la sonnette d’alarme quant à la destruction des forêts en Flandre, en s’adressant à la ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege.

La ministre a reçu diverses critiques ce week-end, notamment de la part de l’eurodéputée flamande Elisabeth Meuleman (Groen) qui la tient comme responsable de la disparition des zones vertes. Une forêt du Limbourg, à Dilsen-Stokkem, pourrait disparaître au profit d’un parc de vacances, le « Terhills Resort ». Une accusation niée pourtant par la femme politique, qui affirme n’avoir aucune implication dans la décision concernant ce parc.

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Mais d’après l’organisme de protection de l’environnement BOS+, c’est bien la ministre la responsable. Son inaction, alors qu’elle avait fait des promesses quant à la protection des zones vertes en Belgique néerlandophone, serait une preuve de sa culpabilité. Raison pour laquelle les activistes ont décidé d’afficher un message à son attention sur ces trois panneaux plantés le long du Papdijk, à Wachtebeke, au nord de Gand.

Trois panneaux pour demander réparation…

Ces célèbres panneaux ont aussi inspiré d’autres pays, pour diverses causes. Le 15 février notamment, trois camionnettes couvertes d’affiches aux couleurs noir et rouge ont circulé dans les rues de Londres. « 71 morts. Et toujours aucune arrestation ? Pourquoi ? », pouvait-on lire sur les véhicules. Le groupe Justice4Grenfell, qui est derrière cette initiative, tente d’obtenir réparation après l’incendie de la Grenfell Tower en juin dernier.

« Nous voulions utiliser ce moyen publicitaire pour rappeler aux gens à quel point peu de choses ont été faites depuis que ce tragique événement a remué notre communauté, et le pays il y a huit mois », expliquait au Huffington Post la porte-parole de Justice4Grenfell, Yvette Williams. « Ces panneaux sont là car il n’y a toujours pas eu d’arrestation, que des centaines de survivants restent sans-abri et que 297 autres tours dans le Royaume-Uni sont encore recouvertes d’un revêtement inflammable ».

… et stopper les violences

Le 16 février, en Floride, l’ONG internationale Avaaz a, elle aussi, fait usage de camionnettes publicitaires. Stationnés à proximité des bureaux du sénateur Marco Rubio, les fourgons ont interpellé le sénateur républicain sur le contrôle des armes à feu dans l’Etat, deux jours après la fusillade dans un lycée de Parkland. « Massacrés à l’école. Et toujours aucun contrôle des armes à feu ? Pourquoi, Marco Rubio ? », était-il écrit.

Le même jour à Malte, trois autres panneaux publicitaires ont fait leur apparition à La Valette, capitale du pays : « Une journaliste tuée. Aucune justice », « Un pays volé. Aucune justice » et « Aucune démission. Aucune justice ».

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À l’initiative de ce mouvement, le groupe activiste Occupy Justice, créé en octobre dernier, qui voulait dénoncer la mort de la journaliste anticorruption qui avait activement participé à l’enquête des Panama Papers, Daphne Caruana Galizia. Cette dernière a été tuée dans l’explosion de sa voiture.

Et alors Harvey Weinstein ?

À quelques jours des Oscars 2018, Sabo, un street artist américain, a utilisé la méthode de Three Billboards pour dénoncer la pédophilie à Hollywood. L’artiste a « piraté » des panneaux publicitaires en les recouvrant de grandes voiles cramoisis sur lesquelles on pouvait lire en lettres capitales noires : « On était tous au courant, mais il n’y a pas eu d’arrestation », « Et l’Oscar du pire pédophile est attribué à…», « Donnez des noms sur scène ou fermez vos gueules ! »

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Sabo a indiqué au Hollywood Reporter que sa signalisation visait à critiquer ceux qui auraient permis le harcèlement sexuel avec leur silence. Un message adressé aux célébrités pour leur demander de s’abstenir de prêcher pendant leurs discours lors de la remise des Oscars.

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