Paris Match Belgique

Homéopathie, acupuncture : Des professionnels de la santé s’unissent contre ces « fausses » médecines

homéopathie

Les signataires jugent ces pratiques "dangereuses". | © Karl-Josef Hildenbrand/dpa

Société

Dans une tribune publiée dans le Figaro, un collectif de 124 médecins et professionnels de la santé prennent position contre les médecines alternatives, comme l’homéopathie ou l’acupuncture.

Les médecins partent en guerre contre les médecins alternatives. Dans une tribune, publiée le lundi 19 mars dans le Figaro, quelque 124 professionnels de la santé dénoncent des « disciplines ésotériques »« sans aucun fondement scientifique », « nourries par des charlatans » et « basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse ». Des pratiques telles que l’homéopathie et l’acupuncture qu’ils jugent inutiles, dangereuses et coûteuses.

De ces pratiques qui ne sont ni scientifiques ni éthiques, mais bien irrationnelles et dangereuses, nous souhaitons nous désolidariser totalement.

Pour les signataires, l’utilisation de ces médecines alternatives n’est pas sans risque. « Elles soignent l’inutile en surmédicalisant la population et en donnant l’illusion que toute situation peut se régler avec un ‘traitement’ », écrivent-ils dans leur tribune. Ces pratiques « irrationnelles » s’appuyeraient également sur la « défiance » grandissante de la population vis-à-vis de la médecine « conventionnelle » et retarderaient les « diagnostics » et les « traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques ».

Exclusion du champ médical

Face à cette concurrence « dangereuse », les médecins demandent « l’exclusion de ces disciplines ésotériques du champ médical », explique le quotidien français. Ils appellent le Conseil de l’Ordre des Médecins à réagir face à l’utilisation de ces pratiques par des médecins, dans des hôpitaux ou dans les facultés de médecine. « Tolérant des pratiques en désaccord avec son propre Code de déontologie » selon eux, le Conseil « doit veiller à ce que les médecins ne deviennent pas les représentants de commerce d’industries peu scrupuleuses », écrit le collectif. « Il doit sanctionner ceux ayant perdu de vue l’éthique de leur exercice ». Les signataires pointent également du doigt les pouvoirs publics, qui « organisent voire participent au financement de certaines de ces pratiques ».

Lire aussi > Le Royaume-Uni ne rembourse plus l’homéopathie et boude la médecine alternative

Cette situation mérite selon eux quelques changements : « ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir », « ne plus reconnaître » ces pratiques comme médicales, ne plus les enseigner dans les formations, ne plus les rembourser, mieux informer sur leurs effets et enfin exiger des professionnels de s’en écarter, récapitule France Info.

La contre-attaque

Face à cette déclaration de guerre, le Syndicat national des médecins homéopathes français n’a pas tardé à répondre. Il regrette que l’on « stigmatise les médecins qui recourent à différentes thérapeutiques », avant d’ajouter que « depuis 1932 », il a « si souvent répondu aux arguments médicaux, scientifiques et réglementaires avancés par les adversaires de l’homéopathie qu’il est devenu inutile de le faire ». Dans leur communiqué cité par Marie-Claire, le syndicat rappelle tout de même que les médecins-homéopathes sont « tout aussi compétents qu’eux en matière de diagnostic et de prescription médicale, aussi bienveillants envers leurs patients et aussi conscients des limites de leur exercice ». 

Mots-clés:
médecine homéopathie
CIM Internet