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Depuis Unabomber, le nombre d’attaques à la bombe aux États-Unis explose le compteur

Parmi les attaques qui se sont produites au Texas, une bombe a explosé au centre de tri postal FedEx. | © AFP PHOTO / SUZANNE CORDEIRO

Société

D’Unabomber à l’attentat de Manhattan, le nombre d’attaques à la bombe ne cesse d’augmenter ces dernières années aux États-Unis. C’est aujourd’hui la ville d’Austin qui est devenue la cible d’un criminel en série.

Depuis le 2 mars, la ville d’Austin (Texas) est le théâtre d’une série d’attaques à la bombe. Et si aujourd’hui, l’histoire s’achève dans une explosion de fin pour l’auteur présumé de ces attentats, qui s’est fait sauter dans sa voiture, cette affaire ranime l’anxiété des citoyens américains. Ils se souviennent tous d’Unabomber, terroriste national des années 70 qui fabriquait ses propres engins explosifs avant de notamment les envoyer aux universités et compagnies aériennes.

Theodore John Kaczynski, alias Unabomber

Diplômé de Harvard, docteur en mathématiques, Ted Kaczynski avait son avenir tout tracé. Et pourtant, sa haine pour la technologie et le système ont fait de lui l’un des terroristes les plus meurtriers de l’histoire des États-Unis. Son arme de prédilection : la bombe.

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En 1978, le génie envoie son premier colis piégé à l’université Northwestern, dans l’Illinois. Bilan ce jour-là : un blessé. Terry Maker, l’agent de sécurité du campus, a souffert de coupures mineures et de brûlures lorsque la bombe a explosé. C’est le début de 17 années de rebellion et d’attentats, 17 années de traque pour le FBI aussi.

Parmi ses cibles, on peut notamment compter le vol 444 d’American Airlines du 15 novembre 1979; Percy Wood, le président d’United Airlines; Diogenes Angelakos, un professeur en ingénierie à l’Université de Californie ou encore John Hauser, un étudiant diplômé de cette même université.

EPA PHOTO AFP/FILES/LEWIS AND CLARK JAIL

Theodore Kaczynski tua sa première victime en 1985 : le propriétaire d’un magasin d’informatique, Hugh Scrutton, assassiné à l’extérieur de son magasin. Ses deux autres meurtres recensés eurent lieu en 1994 et 1995, alors que l’enquête des agents du FBI les mène peu à peu au but. Au total, l’agence de renseignement national a comptabilisé 16 attentats à la bombe, 23 blessés et 3 morts.

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Avant que son identité ne soit découverte, Theodore John Kaczynski était surnommé « Unabomber » (pour UNiversity and Airline BOMber). Il fut finalement arrêté en 1996, suite à la publication de son essai Industrial Society and Its Future (en fr. La société industrielle et son futur), dont l’écriture si semblable à celle de l’auteur des explosions mis la police sur la voie. Il fut alors condamné à perpétuité en 1998.

Augmentation du nombre d’attentats à la bombe

Depuis l’affaire Unabomber, de nombreux autres attentats à la bombe se sont produits aux États-Unis. En Arizona, le 9 octobre 1995, un train assurant la liaison Miami-Los Angeles déraille suite à la destruction de la voie par une bombe. L’attaque, revendiqué par un groupe inconnu « Les fils de la Gestapo », fait un mort et cinquante blessés. Deux notes signées sont en effet retrouvées près du tronçon de voie saboté.

La même année, un attentat à la voiture piégée contre un immeuble fédéral à Oklahoma City fait 168 morts et plus de 500 blessés. Cette attaque est alors considérée comme la plus destructrice s’étant jamais produite sur le sol américain jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001. Le coupable est rapidement désigné : Timothy McVeigh, un sympathisant de l’extrême droite, opposé aux tentatives de restriction de l’accès aux armes à feux.

 Il n’y a rien qui puisse justifier autre chose qu’une peine de prison à vie

Dans les crimes les plus récents, on peut penser au double attentat du marathon de Boston, survenu le lundi 15 avril 2013. Deux bombes, placées près de la ligne d’arrivée sur Boylston Street, détonnent à treize secondes d’intervalle. Trois personnes sont tuées. Blessées, 264 autres sont emmenées à l’hôpital. Les coupables sont deux frères d’origine tchétchène, Tamerlan et Djokhar Tsarnaïev. Le premier est tué trois jours plus tard, après une course-poursuite avec les forces de l’ordre. Son jeune frère réussit, quant à lui, à s’échapper avant d’être arrêté et condamné à mort le 15 mai 2015.

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En 2016, la ville de Manhattan est aussi le théâtre d’un attentat à la bombe. Un engin explosif, placé dans un poubelle de la 23e rue, blesse 31 personnes. Ahmad Rahimi, un Américain d’origine afghane jugé coupable, est arrêté deux jours plus tard après une fusillade avec la police. Il est finalement condamné à perpétuité. « Il n’y a rien qui puisse justifier autre chose qu’une peine de prison à vie », avait alors déclaré le juge Richard Berman à l’issue de l’audience.

Attentat à Austin

La dernière série d’attaques en date est celle qui s’est produite au Texas ces dernières semaines. À Austin, quatre détonations ont créé la panique chez ses habitants. Les enquêteurs suspectent que le même auteur aurait également fait exploser une cinquième bombe à San Antonio, dans la nuit de lundi à mardi. Un colis piégé s’est en effet déclenché dans un centre de tri postal FedEx, faisant un blessé.

AFP PHOTO / SUZANNE CORDEIRO

Au total, le « poseur de bombe en série » aura blessé cinq personnes et tué deux autres avant de finalement se suicider dans sa voiture ce mercredi matin. Le chef de la police de la ville, Brian Manley, a annoncé que le suspect était sur le point d’être interpellé quand il s’est fait exploser. Quant à son identité et aux raisons qui l’ont poussé à commettre ces crimes, rien n’a encore été communiqué par les forces de l’ordre.

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