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L’écœurante réalité derrière le prestigieux jambon de Parme

Gaia dénonce des conditions "exécrables" et lance un appel au boycott du célèbre jambon italien. | © Flickr : Scott Brenner

Société

La Belgique fait partie des principaux importateurs du fameux jambon de Parme.

 

Qu’on l’aime à l’apéro, en toast ou en salade, le célèbre « Prosciutto di Parma » pourrait bien perdre de son prestige. C’est en tous cas ce que déclare l’association de défense animale Gaia en dénonçant la triste réalité qui se cache derrière ce produit apprécié.

« Le jambon de Parme n’a rien d’un produit prestigieux »

Sur base d’une enquête réalisée entre décembre et février dernier, l’organisation a dévoilé ce lundi 26 mars des images témoignant des conditions de vie « épouvantables » des milliers de cochons dans six élevages dans les provinces italiennes de Brescia, Cremona et Mantua. « Les images révèlent une situation terrible de négligence, de manque d’hygiène, et de violations du bien-être des animaux », écrit Gaia dans un communiqué.

Le jambon de Parme est et le résultat d’une grave souffrance animale.

Des conditions « exécrables » au point que l’association lance un appel au boycott du célèbre jambon italien. « Il est grand temps que les consommateurs ouvrent les yeux : le jambon de Parme n’a rien d’un produit prestigieux », a déclaré le président de Gaia Michel Vandenbosch. « Dans nos supermarchés, le jambon de Parme est vendu comme un produit de ‘qualité’ », ajoute-t-il. « Mais la plupart des consommateurs ignorent tout des souffrances que les cochons doivent subir. » L’organisation demande ainsi aux consommateurs de ne plus acheter de jambon de Parme tout comme aux chaînes de supermarché de ne plus en commercialiser.

LAV / Eurogroup for Animals

Infractions des règles européennes

Or, la Belgique fait partie des principaux importateurs du produit d’appellation d’origine contrôlée. Sur les 11 848 000 porcs abattus en 2016 en Italie (donnant lieu à la vente de 8,7 millions de jambons de Parme entiers), 61% a été vendu aux pays de l’Union européenne, la France et l’Allemagne étant les premiers gros clients.

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L’organisation déplore également que le bien-être animal n’entre pas en compte dans l’octroi des quelque 7 millions d’euros de subsides de l’Union européenne pour le secteur. Les promoteurs du jambon de Parme « foulent au pied » les règles européennes, ajoute-t-elle. « À la vue des images, il est clair que l’Europe n’a pas de quoi être fière de son jambon de Parme. L’enquête révèle au contraire une situation scandaleuse d’infractions aux règles européennes et au bien-être animal », conclut Michel Vandenbosch.

La colère des producteurs

De son côté, le Consortium du Jambon de Parme – organisme officiel chargé de la protection de l’appellation regroupant 145 producteurs – dénonce une « campagne de dénigrement et de diffamation » en réaction aux accusations de maltraitance de cochons. Contacté par l’agence Belga, il condamne toute violation des normes sur le bien-être animal mais déplore l’utilisation de sa notoriété par plusieurs associations pour attirer l’attention médiatique.

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L’organisme répond à ces accusations avec colère. D’après lui, l’action de Gaia ne vise pas à protéger les animaux mais à s’attaquer à la marque. « Depuis plusieurs années, une campagne de dénigrement et de diffamation est mise en œuvre contre le jambon de Parme, menée par plusieurs associations animalistes qui, périodiquement et de façon systématique, diffusent des images choquantes en invitant le consommateur à ne plus acheter notre produit », explique-t-il. D’après le Consortium, aucun des 145 producteurs qu’il représente n’a jamais été poursuivi pour maltraitance d’animaux et invite donc les auteurs des images à dénoncer les élevages concernés aux autorités judiciaires. L’organisme italien rappelle également qu’il respecte les normes européennes et nationales sur le bien-être animal, contrôlées par le ministre de la Santé italien.

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