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Ce que l’on sait de la fusillade au siège de YouTube

Malgré l'apparence de calme, les alentours du siège de YouTube ont été la proie à la panique ce 3 avrill. | © AFP PHOTO / JOSH EDELSON

Société

Le QG de YouTube a ce mardi été la proie d’une tireuse qui a blessé plusieurs personnes avant de se suicider.

 

Ce 3 avril 2018, de nouvelles images d’intervention policière musclée, de ballet d’ambulance et d’évacuation plus ou moins désordonnée ont fait le tour du monde : à 20 kilomètres de San Francisco, en plein cœur de la Silicon Valley, le quartier général de YouTube a été la proie d’une tireuse, qui a blessé plusieurs personnes avant de se donner la mort. Déroulé des faits.

La panique initiale

Une femme a violement fait irruption dans les bureaux de YouTube à San Bruno à la pause déjeuner. La police est arrivée sur place vers 12H48 (19H48 GMT), deux minutes après le premier appel faisant état de tirs au siège de la plateforme vidéo YouTube, filiale de Google, qui abrite plus de 1 000 salariés dans ces locaux.

©AFP PHOTO / JOSH EDELSON

En intervenant sur place, la police a découvert le corps sans vie d’une femme « portant des blessures par balles qu’elle semble s’être infligée à elle-même ». Elle est provisoirement identifiée comme l’auteur des coups de feu. Les témoins ont indiqué qu’elle semblait viser quelqu’un en particulier, ce qui fait privilégier à la police la piste du différend d’ordre privé ou familial même si ses motivations restent encore à déterminer.

Les blessés

L’hôpital Zuckerberg General de San Francisco a accueilli trois blessés par balles, deux femmes de 32 et 26 ans, la première étant dans un état « sérieux » tandis que la seconde est atteinte moins gravement. Un homme de 36 ans, est quant à lui, dans un état « critique ». Une quatrième personne s’est blessée à la cheville en fuyant les lieux, a précisé la police, témoignant d’une évacuation désordonnée.

Une évacuation dans le chaos

Des images aériennes retransmises sur les chaînes de télévision américaines ont en effet fait état de chaises et de tables renversées dans une cour intérieure du bâtiment, où les salariés ont l’habitude de prendre leur pause déjeuner. Une employée de YouTube a décrit à CNN une scène de panique fort compréhensible, durant laquelle des gens « se sont soudainement mis à courir et à crier ».

Comme de plus en plus régulièrement aux États-Unis, les victimes de fusillades se tournent vers Twitter pour exprimer leur désarroi. C’est le cas de Vadim Lavrusik, qui y a expliqué avoir entendu des tirs et vu des personnes courir alors qu’il était à son bureau. Il s’est ensuite barricadé avec des collègues dans une pièce. Un cadre de l’entreprise a quant à lui indiqué avoir vu des « gouttes de sang sur le sol et dans les marches ».

Un tireur féminin

Si les fusillades sont fréquentes aux États-Unis, il est extrêmement rare qu’elles soient menées par des femmes. « Selon une étude du FBI, portant sur 160 événements entre 2000 à 2013, impliquant un ou des tireurs sur la voie publique, dans des commerces, des lieux de travail ou des établissements scolaires. Dans six cas seulement, la personne ayant ouvert le feu était une femme, soit une proportion de 3,8% », explique l’AFP.

©AFP PHOTO / STAFF

Le mot du président

Cette nouvelle attaque armée a eu lieu au beau milieu d’un débat particulièrement vocal autour des armes à feu aux États-Unis, suite à la tuerie de Parkland en Floride, le 14 février, et l’engagement de ses lycéens. Une tragédie qui avait d’ailleurs poussé le mois dernier YouTube à renforcer la chasse aux vidéos faisant la promotion des armes à feu sur sa plateforme.

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Sur Twitter, Donald Trump – qui ne semble pour l’instant pas prêt à légiférer pour un abandon des armes aux États-Unis -, a exprimé son soutien aux nouvelles victimes.

 

« Je viens juste d’être informé de la fusillade au QG de YouTube à San Bruno, Californie. Nos pensées et prières vont vers toutes les personnes impliquées. Merci à nos incroyables forces de l’ordre et d’intervention qui sont actuellement sur place ».

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