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Pourquoi l’homme de Néandertal avait-il un gros nez ?

Si le Néandertalien avait un gros nez, c'était avant tout pour se réchauffer. | © AFP PHOTO PIERRE ANDRIEU

Société

Objet de débat au sein de la communauté scientifique depuis des années, la morphologie faciale de l’homme de Néandertal proviendrait (en partie) de son adaptation au froid, selon une récente étude.

 

Depuis qu’il a pris ses quartiers dans les galeries du musée de l’Homme à Paris, l’homme de Néandertal est au centre de l’attention. Du primitif à l’être humain, cet ancêtre disparu il y a environ 30 000 ans ne cesse de révéler de nouvelles facettes de son origine, de ses modes de vie et de sa morphologie.

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Dans une étude publiée ce mercredi dans la revue Proceedings of the Royal Society B, des chercheurs sont parvenus à expliquer pourquoi l’homme de Néandertal avait « un nez saillant et de larges sinus ». Pour eux, si le Néandertalien avait un gros nez, c’était avant tout pour se réchauffer.

Ouverture de l’exposition Neandertal au Musée de l’Homme, à Paris, le 28 mars 2018. © ELISE CHIARI – LA VOIX DU NORD

Besoin d’air

La morphologie singulière de l’homme de Néandertal a beau faire débat depuis des années au sein de la communauté scientifique, « l’évolution particulière » de sa « morphologie faciale (…) provient, au moins en partie, de son adaptation au froid », affirment les auteurs de l’étude. Au milieu d’une face large et plate et au-dessus de ses mâchoires avancées, son nez volumineux lui permettait de réchauffer et d’humidifier l’air froid et sec qu’il respirait. Et ce, « plus efficacement que celle de l’Homo heidelbergensis » (son supposé ancêtre), suggérant que « ces deux espèces ont évolué pour mieux résister aux climats froids et/ou secs ».

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Pour mener à bien leur étude, une équipe internationale de chercheurs a utilisé des modèles en 3D de crânes de Néandertaliens, d’Homo Sapiens et de l’Homo heidelbergensis pour mettre en évidence les évolutions distinctes de leur appareil respiratoire. Résultat, les fosses nasales du Néandertalien lui permettaient d’inhaler « considérablement plus » d’air que ses cousins. Une particularité non négligeable quand on sait que l’homme de Néandertal avait besoin de près de 4 500 calories (contre 2 500 aujourd’hui) pour survivre à l’hiver européen, et que pour brûler davantage de sucre, de graisse et de protéines, il avait besoin de plus d’oxygène.

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