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Données : Tous les utilisateurs de Facebook ont été potentiellement référencés à leur insu

Mark Zuckerberg devra bientôt s'expliquer devant le Congrès américain. | © AFP PHOTO / Mladen ANTONOV

Société

Une fonctionnalité de Facebook aurait permis à « des acteurs malveillants » de répertorier jusqu’à un milliard de profils à des fins que l’on ignore encore.

C’est à se demander si certaines fonctionnalités de Facebook ne demandaient pas qu’à être détournées. Comme par exemple celle qui permet d’entrer un numéro de téléphone ou une adresse e-mail, et de retrouver immédiatement le profil de son propriétaire sur le réseau social. Plutôt pratique, révèle The Atlantic, si vous cherchez l’un des innombrables Patrick Dupont qui peuplent Facebook. Sauf que le scandale de Cambridge Analytica nous apprend que pour ceux qui le veulent vraiment, rien n’est innocent sur la plateforme de Mark Zuckerberg.

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Du propre aveu de Facebook, qui révèle l’information dans un communiqué censé rassurer les utilisateurs quant à l’usage de leurs données, « des acteurs malveillants auraient abusé de ces fonctionnalités pour répertorier publiquement des informations de profils en utilisant des numéros de téléphone et adresses e-mail qu’ils possédaient déjà ». En clair, de simples annuaires téléphoniques ou fichiers de newsletters ont permis à des individus de référencer de nombreux profils et les informations publiques qui les accompagnaient. Ultimement, on peut craindre que ce « profilage » ait permis d’influencer les internautes en ciblant les contenus payés qui apparaissaient dans leur fil d’information.

« Étant donné l’ampleur et la sophistication de l’activité que nous avons remarquée, nous pensons que la plupart des gens ont pu voir leur profil public répertorié de cette manière ». Facebook parle ainsi d’au moins un milliard d’utilisateurs potentiels, même si la plateforme est incapable de donner un chiffre précis.

©Capture d’écran de la page des paramètres en question sur Facebook.

S’il est possible qu’une partie d’entre eux ait désactivé la fonctionnalité qui leur permet d’être retrouvés, on remarque que bien souvent, les utilisateurs ne modifient que très peu leurs paramètres de confidentialité – voire pas du tout. « Si ce réglage était activé [sur votre compte], je présume que quelqu’un a eu accès à vos informations publiques de cette manière », confesse Mark Zuckerberg.

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Zuckerberg sur une pente glissante

L’annonce fait suite à l’aveu du CEO de Facebook que les révélations de Cambridge Analytica ne toucheraient pas, de leur côté, 50 millions d’utilisateurs comme annoncé préalablement, mais 87 millions de profils. L’entreprise d’analyse de données et de communication stratégique a contesté ce nouveau chiffre, assurant qu’elle n’avait reçu de la société Global Science Research (GSR) que les données de 30 millions de personnes, collectées à travers une application de tests psychologiques. Selon Facebook, ces informations auraient été transférées sans son autorisation. Mark Zuckerberg devra s’expliquer devant le Congrès américain, Cambridge Analytica ayant travaillé pour la campagne de Donald Trump.

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