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Les Belges, alcooliques au volant ?

43% des Belges ont en effet indiqué avoir conduit sous l'influence de l'alcool au cours de 12 derniers mois. | © Flickr : Arti Sandhu

Société

Une récente enquête sur la sécurité routière réalisée dans 38 pays révèle que la Belgique est l’une des pires élèves en matière d’alcool au volant.

 

« Quel regard les usagers de la route portent-ils sur la sécurité routière ? » C’était le thème central de la grande étude intitulée ESRA (E-survey of Road users’ Attitudes). Son objectif, établi en 2015 à l’initiative de l’Institut Vias et en collaboration avec plusieurs organisations de sécurité routière en Europe, étant de dresser chaque année une enquête internationale en matière de sécurité routière autour de plusieurs thèmes tels que les excès de vitesse, l’alcool au volant, les téléphones, gadgets, etc.

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Obtenus par nos confrères de la Dernière Heure, les résultats de l’année 2018 sont tombés. Et en matière d’alcool au volant, apparaissent comme carrément inquiétants. Parmi les 38 nationalités interrogées, la Belgique figure en dernière position du classement en matière de conduite sous influence de l’alcool. 43% des Belges ont en effet indiqué avoir conduit « en ayant bu de l’alcool » au cours de 12 derniers mois. Et se situent juste après les Français (41 %), les Espagnols (35 %) et les Portugais.

Les meilleurs élèves sont restent les pays nordiques et de l’Est tels que la Pologne, la Finlande ou la Norvège. © Pexels

Pas assez de contrôles

« Beaucoup, dans ce pays, n’ont pas encore saisi l’ampleur du problème de l’alcool au volant. Ce comportement fait l’objet de dédramatisation du genre : ‘Ce n’est pas trop grave’ », regrette le porte-parole de Vias, Benoît Godart, dans les colonnes de La Libre Belgique. « Pourtant, lors de nos campagnes Bob, on constate que le nombre de personnes contrôlées positives à l’alcool tend à baisser. Mais en dehors de ces campagnes, les contrôles ne sont pas suffisants. Il reste toujours un noyau dur de conducteurs qui continuent de conduire en ayant bu. »

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Et la Belgique devrait peut-être prendre exemple sur la Hongrie ou la République Tchèque, où seulement 11% des conducteurs ont indiqué avoir conduit sous influence de l’alcool au cours de l’année. Car « derniers sur 38 pays, ce n’est pas rien », poursuit M. Godart. « Je note qu’outre les contrôles, dans les pays nordiques, ou même aux Pays-Bas, les gens ne prennent jamais le volant après avoir bu. C’est un comportement qui ne fait l’objet d’aucune approbation sociale. En Belgique, c’est très différent (…) Il faut plus de contrôles », conclut-il.

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